RÉCIT – Mi-décembre dernier, le président sénégalais a annoncé le lancement d’un grand programme de changement de noms des rues de la capitale. Une façon pour le Sénégal d’effacer progressivement toute trace de la présence française et de se réapproprier son histoire.
Le 1er décembre dernier, profitant de l’imminence des commémorations du massacre de Thiaroye, où des dizaines de tirailleurs africains ont été tués par les troupes coloniales françaises il y a 80 ans, le président Bassirou Diomaye Faye annonçait avec fracas la fin de la coopération militaire avec la France. Quelques jours plus tard, le chef d’État se fendait d’une autre annonce plus discrète et plus symbolique : celle du lancement d’un grand programme pour rebaptiser les noms de rues de la capitale, Dakar.
En réalité, seul le quartier du Plateau, cœur administratif de la ville et hôte du palais présidentiel, sera concerné. Ailleurs, les noms de rues sont majoritairement de simples numéros. Mais au Plateau, cette péninsule qui se jette dans l’Atlantique, les vestiges de la colonisation française sont partout accrochés aux murs. Des héros militaires, comme Joffre et Mangin, côtoient de grands noms de la médecine comme Pasteur et Calmette. Les hommes politiques Jean Jaurès, Félix Faure
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