Expulsion de 12 agents de l’ambassade de France à Alger : Laurent Wauquiez dénonce une «nouvelle humiliation»

Date:

Les critiques fusent aussi à gauche qui reproche à Paris d’avoir lancé une «escalade». La décision d’Alger intervient deux semaines après la reprise du dialogue entre Emmanuel Macron et son homologue algérien.

À peine la main a-t-elle fini d’être serrée, que la réconciliation est déjà mise à l’épreuve. Après s’être insurgé dimanche 13 avril contre la détention en France de l’un de ses agents consulaires, soupçonné d’être impliqué dans l’enlèvement il y a près d’un an de l’influenceur algérien critique du régime Amir Boukhors sur le sol français, Alger a donné 48 heures à 12 agents de l’ambassade française pour quitter le pays.

Dans la foulée, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a fustigé des «mesures d’expulsion sans lien avec la procédure en cours» et «demandé aux autorités algériennes d’y renoncer». Dans le cas contraire, le chef de la diplomatie française, qui était en visite dans la capitale algérienne il y a à peine une semaine, s’est dit prêt à des représailles. «Si la décision de renvoyer nos agents était maintenue, nous n’aurons d’autre choix que d’y répondre immédiatement», a-t-il assuré.

«On n’est pas près de revoir Boualem Sansal»

Un coutre-coup manifeste pour la diplomatie française aux prises depuis huit mois avec Alger, qu’une partie de la droite ne s’est pas privée de souligner ce matin. Invité dans la matinale d’Europe 1, le vice-président du Rassemblement national Sébastien Chenu a dénoncé «une entourloupe, une façon encore une fois pour l’État algérien de nous marcher dessus» qui «montrent que l’Algérie nous mène par le bout du nez». Et le député du Nord d’énumérer : «Boualem Sansal  est toujours emprisonné, les [personnes sous] OQTF ne sont toujours pas renvoyées, et nous avons une augmentation des visas algériens de 91%». «Il n’y aura pas de remise en question des accords de 1968, on n’est pas près de revoir Boualem Sensal sur le territoire français», a-t-il conclu, désabusé. Une lassitude partagée par le président du parti, Jordan Bardella. Sur X (ex Twitter), il a publié un post laconique, moquant les «brillants résultats de la stratégie de ‘l’apaisement’ d’Emmanuel Macron et des prosternations de Jean-Noël Barrot à Alger».

Du côté des Républicains (LR), Laurent Wauquiez, concurrent de Bruno Retailleau dans la course à la présidence du parti, a fustigé une «nouvelle humiliation» causée par la stratégie de «riposte graduée» mise en place par le ministre de l’Intérieur à la mi-mars. «Maintenant, que le Gouvernement défende l’honneur de la France et force l’Algérie à reprendre enfin tous ses OQTF», a lâché le président du groupe La Droite républicaine à l’Assemblée sur X (ex-Twitter).

«Logique de surenchère»

Invités aux micros de RMC-BFMTV et TF1 ce matin, les députés La France Insoumise Manuel Bompard et Éric Coquerel ont également réagi, dénonçant, eux, «une logique de surenchère et d’escalade réciproque». «Je demande et je souhaite que les discussions entre les deux pays ne se fassent pas à travers des provocations permanentes», a affirmé Manuel Bompard, pointant la responsabilité du ministre de l’Intérieur, plusieurs agents visés par l’ordre d’expulsion d’Alger étant sous sa tutelle.

Le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale Éric Coquerel a pour sa part justifié une réaction «automatique» d’Alger après la mise en détention de l’agent consulaire algérien. «Il était évident qu’à partir du moment où on arrêtait trois membres de l’ambassade l’Algérie [dont deux n’ont pas été écroués, NDLR], il y aurait des représailles», a-t-il argué, avant d’appeler «à ce que les deux présidents se reparlent tout de suite».

Source du contenu: www.lefigaro.fr

Share post:

Populaire

More like this
Related