DÉCRYPTAGE – La monarchie du Golfe multiplie depuis plus d’une décennie les investissements financiers, politiques et militaires dans cette partie du monde.
La discrétion n’est l’ennemi ni de l’efficacité ni de la détermination. Les Émirats arabes unis (EAU) l’ont parfaitement compris, eux qui mènent une politique ambitieuse en Afrique de l’Est et dans la Corne. En une quinzaine d’années, la petite monarchie pétrolière du Golfe, d’à peine plus de 80.000 km², y est devenue un acteur incontournable tant économique et politique que militaire, sans toujours s’embarrasser de principes. « Les Émirats et d’autres puissances moyennes, comme le Qatar ou la Turquie, ont profité de l’effacement de pays occidentaux en Afrique pour s’imposer », souligne Roland Marchal, chercheur à Sciences Po.
La perte d’influence de la France est le signe le plus évident de ce retrait. En cet été 2024, à Adré, une ville perdue de l’est du Tchad, il y a peu fief de Paris dans la région, la présence européenne est réduite à presque rien. Les besoins sont pourtant là. Depuis que la guerre a saisi un an plus tôt le grand voisin soudanais, des dizaines de milliers de personnes…
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