REPORTAGE – L’armée russe veut conquérir cette ville du Donbass avant un éventuel cessez-le-feu, et déverse un déluge de feu sur les derniers civils.
La camionnette blindée s’arrête dans un crissement de pneus devant un portail de bois vermoulu de la banlieue désertée de Pokrovsk. Anton pousse la lourde porte blindée et saute du véhicule, un gros fusil de chasse au bras. « Pour les drones . Ils sont partout dans le coin », lâche-t-il. Les trois policiers sont venus pour évacuer un couple de retraités. Evgueni se précipite à l’intérieur de la petite cour pavée, où la vigne vierge grimpe sur les murs lézardés, et tambourine à la porte : « C’est la police, on est ici pour vous évacuer », tonne-t-il. Le visage parcheminé d’une vieille femme apparaît derrière un carreau sale, elle ouvre la porte : « On ne savait pas que c’était ce matin, on n’est pas du tout prêts ! », panique-t-elle. Dans la confusion la plus complète, le policier parvient à la convaincre d’empaqueter au plus vite quelques affaires. « D’autres personnes attendent, il faut partir, maintenant ! », hurle-t-il, excédé par les protestations…
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