GRAND REPORTAGE – Un vent de liberté semblait souffler après la fuite du tyran Bachar el-Assad et son clan. Mais, début mars, de terribles exactions et violences visant les minorités alaouites ont achevé de saper l’optimisme et réveillé les trop nombreux fantômes du passé.
Les effluves émanant de ce champ de narguilés posés à chacune des tables dessinent, tels des nuages suspendus au-dessus des têtes, une brume épaisse qui, mélangée à la fumée des cigarettes, forme une atmosphère presque irrespirable. Pourtant, ici, au cœur du café al-Rawda, à Damas, la capitale syrienne, on s’autorise à respirer enfin après cinquante-quatre années de tyrannie de la dictature du clan des Assad.
Malgré les heures sombres, le café al-Rawda est resté un haut lieu de la culture depuis sa création en 1937. L’établissement, situé tout près du Parlement, a toujours été connu par le monde intellectuel et artistique comme le café des débats et des discussions politiques. Ici, la terreur aura, certes, étouffé les échos de ces voix dissonantes sans jamais, vraiment, parvenir à les faire taire.
Depuis la chute et la fuite de Bachar el-Assad, sanguinaire successeur de son père Hafez, on a cru, un temps, que l’heure des libertés avait sonné. La bourrasque a été soudaine, inattendue, puissante…
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