En Iran, la contestation se poursuit à Téhéran et dans plusieurs villes samedi soir ; Donald Trump met en garde le régime contre la possible répression

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Une semaine après l’opération militaire américaine ayant mené à l’enlèvement du président Nicolas Maduro au Venezuela, Donald Trump a renouvelé, samedi 10 janvier, ses menaces contre le régime iranien. « L’Iran aspire à la liberté, comme peut-être jamais auparavant. Les Etats-Unis se tiennent prêts à aider ! », a écrit le président américain sur sa plateforme, Truth Social.

Le régime iranien a promis de réagir avec fermeté aux manifestations antigouvernementales qui touchent une grande partie du pays. Les gardiens de la révolution, armée idéologique du pouvoir, ont qualifié les manifestants de terroristes et ont déclaré que la sécurité du système était une « ligne rouge ».

Un black-out quasi total imposé par Téhéran complique la vérification des informations. Les Iraniens sont en effet privés d’internet depuis quarante-huit heures à la suite d’une décision des autorités, selon l’ONG de surveillance de la cybersécurité NetBlocks.

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Des manifestations à Téhéran, Machhad, Tabriz et dans la ville sainte de Qom

Malgré la répression, les manifestations se poursuivent samedi soir dans plusieurs villes. Un blogueur iranien, Vahid Online, diffuse samedi soir sur son compte Telegram des vidéos de manifestations dans plusieurs villes du pays, notamment à Téhéran.

Ces manifestations interviennent alors que Reza Pahlavi, fils du chah déchu en 1979 et figure de l’opposition en exil, a exhorté samedi les manifestants à « se préparer à conquérir » les centres-villes. Dans un message publié sur le réseau social X, il « appelle les travailleurs et les employés des secteurs-clés de l’économie, notamment des transports, du pétrole, du gaz et de l’énergie, à entamer un processus de grève nationale ».

Avant de leur demander à « tous de descendre dans la rue aujourd’hui et demain, samedi et dimanche (10 et 11 janvier) munis de drapeaux, d’images et de symboles nationaux, afin d’occuper l’espace public »« Notre objectif n’est plus seulement de manifester dans la rue ; il s’agit de nous préparer à conquérir et à défendre les centres-villes », a-t-il ajouté.

Capture d’écran réalisée par l’agence Associated Press montrant un manifestant masqué qui brandit un portrait du prince héritier iranien Reza Pahlavi, lors d’une manifestation à Téhéran, en Iran, le vendredi 9 janvier 2026.

Déjà dans la nuit de vendredi à samedi, dans le quartier de Saadatabad à Téhéran, des habitants ont scandé selon Reuters des slogans antigouvernementaux, notamment « Mort à [Ali] Khamenei », le Guide suprême iranien. Des chaînes de télévision en persan basées à l’étranger ont aussi diffusé des vidéos de nombreux protestataires à Machhad, dans l’Est, à Tabriz, dans le Nord, et dans la ville sainte de Qom.

Selon l’AFP, une autre vidéo diffusée sur Telegram montre un homme brandissant un drapeau iranien de l’époque du chah au milieu de feux et d’une foule dansant à Hamadan, alors que des slogans appellent au retour de la dynastie chassée par la révolution islamique en 1979.

Depuis le début de cette contestation, le 28 décembre, partie d’un mouvement lié au coût de la vie, au moins 51 manifestants, dont neuf enfants, ont été tués et des centaines d’autres blessés, a dénombré vendredi l’organisation Iran Human Rights, sise en Norvège. Elle a diffusé des images montrant, selon elle, des cadavres de manifestants empilés dans un hôpital de Téhéran.

Menaces et inquiétude

Vendredi soir, déjà, Donald Trump avait menacé Téhéran, déclarant : « Vous feriez mieux de ne pas commencer ​à tirer sinon nous ‍aussi nous commencerons à tirer. » « J’espère seulement que les manifestants ​en Iran seront en sécurité, car c’est un endroit très ‌dangereux en ce moment », a-t-il ​ajouté. Les Etats-Unis ont frappé des installations nucléaires en Iran en juin 2025, se joignant ainsi à ‌Israël dans une brève guerre contre Téhéran.

La lauréate du prix Nobel de la paix 2003, l’avocate iranienne en exil Shirin Ebadi, a dit redouter un « massacre sous le couvert d’un black-out total », de nombreuses capitales occidentales condamnant l’usage de la force contre des manifestations « pacifiques ». La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a exprimé le plein soutien de l’Europe aux « femmes et hommes iraniens qui réclament la liberté », dénonçant la « répression violente ».

L’ONG Amnesty International a dit analyser des éléments « inquiétants » semblant montrer une intensification de la répression ces derniers jours. Après une forte mobilisation jeudi, de nouveaux rassemblements ont secoué Téhéran et d’autres grandes villes dans la nuit de vendredi à samedi, puis samedi, selon des images diffusées sur les réseaux sociaux grâce à des moyens satellitaires.

Le Monde avec AFP et Reuters

Source du contenu: www.lemonde.fr

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