En Equateur, les organisations indigènes se mobilisent contre un projet de prison de haute sécurité

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« Non à la mine, non à la prison », proclame l’affiche accrochée à flanc de montagne. La route qui va de Quito, la capitale de l’Equateur, au gros bourg de Tena, en lisière de la forêt amazonienne, est barrée par des manifestants déterminés. Une barricade faite de grosses pierres, de branches et de pneus qui brûlent empêche toute circulation depuis début décembre. Foulard sur la tête et lance en bois à la main, Cristian Pisango explique : « Nous nous opposons à la prison de haute sécurité que le gouvernement a décidé de construire dans le village d’Archidona. » Ce projet est un maillon important de la lutte contre les gangs liés au narcotrafic entreprise par le président équatorien Daniel Noboa, candidat à sa propre succession à l’élection de février 2025.

Cristian Pisango appartient à la communauté kichwa, qui représente 80 % de la population dans cette province du Napo, en plein centre du pays. « Le gouvernement ne nous a pas consultés, comme il est tenu de le faire, poursuit-il. Il ne nous a même pas informés de ses projets. » La capitale de la province, Tena, est complètement bloquée depuis une semaine. « Nous ne céderons pas », assène Fanny Shiguango de la Fédération des Organisations Indigènes du Napo.

Lundi 9 décembre, les manifestants ont reçu l’appui de la Confédération des nationalités indigènes. Lors d’une conférence de presse tenue à Quito, les dirigeants de l’organisation nationale ont menacé d’élargir le mouvement si le gouvernement ne suspendait pas immédiatement l’adjudication des travaux de construction de la méga prison en territoire indigène.

« Un vrai problème de sécurité »

Lundi également, le président équatorien Daniel Noboa a nommé un nouveau gouverneur après que Marlene Cabrera eut démissionné de ce poste samedi pour protester, elle aussi, contre la construction de la prison. Le nouveau gouverneur, Gary Rivadeneyra, a fait savoir qu’il entendait mener a bien le projet contesté. Le bras de fer est engagé.

Le petit Équateur est devenu depuis 5 ans un grand exportateur de cocaïne et le théâtre de violentes rivalités entre cartels et mafias. Arrivé au pouvoir il y a un an pour un mandat de 17 mois, M. Noboa a déclaré la guerre aux gangs qui s’affrontent dans les prisons et dans les rues du pays. De source officielle, la police et l’armée ont effectué plus de 120 000 opérations conjointes et arrêté 34 946 personnes au cours du premier semestre 2024. M. Noboa avait annoncé en campagne la construction de deux prisons de haute sécurité.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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