Towana Looney, 53 ans, a subi une greffe de rein de porc génétiquement modifié le 25 novembre dernier. Elle est la première personne à survivre aussi longtemps après une telle opération.
Une véritable prouesse médicale. Towana Looney, une Américaine originaire de l’Alabama, vit avec un rein de porc depuis plus de deux mois. Un record, rapporte l’Associated Press , puisque seuls quatre autres américains ont bénéficié de transplantations d’organes porcins génétiquement modifiés, deux du cœur et deux reins. Malheureusement, aucun d’entre eux n’a survécu plus de deux mois. Une excellente nouvelle pour le docteur Robert Montgomery, qui a supervisé cette transplantation et qui déclarait auprès de l’agence de presse américaine que la fonction rénale de sa patiente était «absolument normale».
Si Towana Looney a dû subir une telle opération, c’est en partie car elle a elle-même donné un de ses reins à sa mère en 1999. Mais après une grossesse compliquée, elle a souffert d’hypertension artérielle, ce qui a gravement endommagé son rein restant. Elle a ensuite passé huit années sous dialyse, un traitement d’épuration du sang qui ne remplace que partiellement la fonction rénale, les médecins concluants qu’elle ne recevrait probablement jamais d’organe.
Pénurie d’organes aux États-Unis
Pourtant, alors âgée de 53 ans, elle décide d’essayer l’option de la greffe du rein de porc. Un pari risqué, d’autant que Towana Looney avait développé des doses très élevées d’anticorps, une situation peu propice à l’accueil d’un rein étranger. Mais quelques semaines après l’opération, le docteur Montgomery l’informait qu’elle avait été traitée avec succès, tout en admettant que la durée de vie de ce nouveau rein était tout à fait incertaine. «La vérité, c’est que nous ne savons pas vraiment quels seront les prochains obstacles, car c’est la première fois que nous arrivons aussi loin», a-t-il déclaré à l’Associated Press.
Aux États-Unis, plus de 100.000 personnes sont sur liste d’attente pour une transplantation d’organe, occasionnant des milliers de morts, selon l’AP. Pour tenter de remédier à cette pénurie, des scientifiques modifient génétiquement des porcs afin que leurs organes ressemblent davantage à des organes humains. Ces «xénotransplantations» sont tout de même réalisées dans des cadres très stricts, dans des circonstances particulières et pour des personnes n’ayant plus d’autres options.
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