Aux États-Unis, une élue démocrate annonce s’être fait stériliser pour échapper à la politique de Trump

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Laurie Pohutsky, élue démocrate du Michigan, a déclaré s’être fait stériliser suite à l’élection présidentielle de novembre. Afin que son corps ne soit pas «traité comme une monnaie». Une étape de plus dans la dramatisation du débat politique américain.

L’état de la vie politique américaine fait paraître la nôtre en excellente santé. Ce samedi 8 février, The Telegraph a consacré un long article à Laurie Pohutsky, une élue américaine du Michigan de 36 ans qui vient de se faire stériliser pour protester contre la politique de Donald Trump. Le journal britannique n’exhume pas l’information des poubelles privées de Laure Pohutsky. Celle-ci l’a divulguée lors d’un rassemblement organisé la semaine dernière par un mouvement progressiste sur les marches du Capitole de Lansing, capitale du Michigan, et ce en présence de plusieurs journalistes.

Vêtue d’une parka violette, la jeune femme a présenté sa décision, prise dans la foulée de la victoire républicaine de novembre, comme «le seul moyen de ne jamais avoir à gérer une grossesse dans l’Amérique de Donald Trump». Que redoute-t-elle ? De ne pouvoir, si elle venait à attendre un enfant, «accéder aux soins liés à la grossesse». Et si elle ne tombait pas enceinte dans les années à venir… d’y être contrainte par la politique républicaine. Qu’importe le scénario, la jeune femme a estimé qu’elle encourait un risque. «Je refuse, a-t-elle déclaré, que mon corps soit traité comme une monnaie par une administration qui ne voit de valeur que dans ma capacité à procréer.»

Une sorte de continuité logique

Le choix de Laurie Pohutsky et sa révélation au grand public ont d’emblée fait les gros titres de la presse américaine et britannique. Sur le réseau social X, les pro-Maga (Make America Great Again, les soutiens de Trump) raillent une manifestation de maladie mentale ; partagent des montages de l’élue démocrate avec à la main un modèle de Barbie surnommé «Barbie stérile» ; invitent toutes les «gauchistes» à imiter son exemple car «on ne veut pas que vous vous reproduisiez en fait» ; lui demandent si elle n’a pas honte de faire subir son délire woke à son mari ou la menacent de mort.

Tu as dit exactement ce que tu avais à dire

Nathan Triplett, le mari de Laurie Pohutsky

Quand on jette un œil au parcours politique de l’élue, le fait d’être allée jusqu’à se faire opérer et d’avoir tenu à le faire savoir au plus grand nombre, s’inscrit dans une sorte de continuité logique. Dans le Michigan, État historiquement acquis aux démocrates qui a basculé côté républicain en novembre, Laurie Pohutsky s’est forgée en trois mandats à la chambre des représentants «une solide réputation de fervente défenseure des causes progressistes» (The Telegraph). Elle s’est par exemple opposée aux lois qui obligent les enseignants à informer les parents si leur enfant souhaite être reconnu comme transgenre en classe.

Elle-même, mariée à un homme mais bisexuelle, «n’a jamais fait son coming out à la maison» car elle savait «que ce n’était pas un endroit sûr pour le faire.» Avec ses collègues démocrates, cette diplômée en microbiologie a aussi fait consacrer le droit à l’avortement dans le Michigan après l’annulation par la cour suprême de l’arrêt Roe vs Wade en 2022. Laquelle a permis à des États comme le Texas ou la Louisiane d’interdire l’avortement – sauf si la santé de la femme est en danger. Avec l’arrivée de Trump à la Maison Blanche, l’élue craint de voir ces verrous locaux sauter au profit d’une interdiction nationale.

Au Telegraph, Laurie Pohutsky a assuré avoir pris cette décision d’un commun accord avec son époux, Nathan Triplett, président de la branche du Michigan de l’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), une association à but non lucratif. Depuis plusieurs années, tous les deux songeaient à avoir des enfants. L’élection de Trump les a décidés. Ils n’en auront pas. Quand les commentaires moqueurs ou menaçants ont afflué après son annonce, elle lui a présenté des excuses, a-t-elle raconté au Telegraph. Peut-être aurait-elle dû garder cette nouvelle pour eux ?« Il m’a arrêté et m’a dit : “Non, tu as dit exactement ce que tu avais à dire. Je sais pourquoi tu l’as dit.”» Pour convaincre d’autres femmes «inquiètes ou hésitantes» à suivre le même chemin. God save America, dirait le rappeur Bryson Gray.

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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