DÉCRYPTAGE – Pauvre, le continent a subi l’essentiel des coupes dans les programmes humanitaires décrétés par l’Administration rompant avec des décennies de tradition diplomatique américaine.
Le continent a suivi la réélection de Donald Trump, début novembre, avec un intérêt distant. Le soutien allait certes plutôt vers son adversaire démocrate, mais Trump 1 n’y avait laissé qu’un vague souvenir, au-delà de quelques sorties déplaisantes sur ces « pays de merdes » (« shithole countries »). Sa politique africaine d’alors s’était sagement calée dans celle de ses prédécesseurs. La désillusion n’en a été que plus amère.
Après six mois à la Maison-Blanche, Trump a renversé la ligne américaine traditionnelle sur le continent, laminant des programmes d’aides au développement, la classique bienveillance économique au point de laisser penser que l’Afrique n’est pas seulement une oubliée de sa pensée mais un défouloir. « L’Afrique est faible. Il n’y a pas de prix à payer et on ne risque rien à taper dessus », résume, en guise d’explication, Michael Shurkin, expert de la politique africaine des États-Unis dans le cabinet 14 North Strategies.
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