REPORTAGE – Dans cette localité reculée de Sibérie, située à 5000 kilomètres de Moscou, l’hiver dure neuf mois et on y a enregistré la température record de – 71 °C ! C’est dans cette région que transitaient autrefois les prisonniers du Goulag stalinien. Aujourd’hui, une poignée d’habitants se sont adaptés à ces conditions extrêmes, dans un paysage polaire permanent.
Le froid, le vrai, ne pardonne pas. Il ne fait pas de prisonniers. Que des victimes ou des survivants. Partout le climat se dérègle, le réchauffement de notre atmosphère s’accélère, les calottes fondent et les banquises se résorbent. Mais il y a des endroits où le froid, lui, ne meurt jamais. Le vortex polaire qui a frappé les États-Unis puis l’Europe en janvier témoigne de sa capacité à survivre. Ce froid-là ne rafraîchit pas : il fige, pétrifie et tue.
À Oïmiakon, en Russie orientale, petit village perdu au milieu des steppes glacées de la Iakoutie, l’homme a appris à vivre avec lui. L’histoire a le sens de l’humour puisque, dans le langage des autochtones, Oïmiakon signifie « l’eau qui ne gèle pas ».
Natalya Saprunova pour «Le Figaro Magazine»
Les morsures du gel
La photographe Natalya Saprunova a fait les frais de ces températures impardonnables. Celle qui a passé plus de deux mois à Oïmiakon a failli perdre une phalange de sa main. Un après-midi, alors qu’elle travaillait dehors, le blizzard lui a mordu le petit doigt de la main. « Je ne…
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