La France et d’autres pays pollueurs historiques vont-ils parvenir à atteindre leur objectif de neutralité carbone ? Le rythme de réduction des émissions de CO2 s’essouffle alors que les efforts les moins difficiles ont été accomplis.
Elles baissent, mais pas assez vite. Les émissions de gaz à effet de serre, responsables de la crise climatique, n’ont diminué que de 1,5% en France l’an dernier. Elles baissent, c’est déjà ça, pourrait-on se rassurer. Mais on est très loin de l’objectif de 4% par an fixé pour atteindre la neutralité carbone en 2050. On est aussi loin du rythme des années précédentes.
La France n’est pas le seul pays où la baisse est en baisse. L’Allemagne fait pire : ses émissions l’an dernier n’ont diminué que de 0,1%. Autant dire qu’elles n’ont pas baissé, à l’image de l’ensemble des pays de l’Union européenne, avec seulement moins 0,4%. Mais il y a pire encore : les États-Unis. En 2025, l’année du retour de Donald Trump à la Maison Blanche, l’année de la sortie de l’Accord de Paris sur le climat, les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de presque 2%, après des années de baisse.
En attendant Pékin
Sur l’ensemble de la planète, les émissions de CO2 (le principal gaz responsable du réchauffement climatique) ont atteint un nouveau record, en hausse de 1% environ. Tout le monde attend le pic des émissions, et quand elles commenceront à baisser, peut-être dans les prochaines années ? Le signal viendra sûrement de la Chine, le plus gros pollueur aujourd’hui.
On se trouve actuellement dans une situation paradoxale : jamais la planète n’a produit autant d’énergie renouvelable, jamais on n’a installé autant d’éoliennes et de panneaux solaires, jamais on n’a produit autant de voitures électriques… Et d’ailleurs, sans elles, sans les technologies vertes, la hausse des émissions de gaz à effet de serre aurait été trois fois plus importante. Le problème, c’est que la demande en énergie augmente encore plus vite.
Consommer toujours plus
Parce que la population mondiale continue d’augmenter, parce que l’énergie est à la source de la croissance économique, de la production de richesse, du développement, et parce que le modèle économique mondial (consommer toujours plus), entre en contradiction avec la nécessite de faire baisser la température de la planète.
Il est aussi aujourd’hui plus compliqué de diminuer son empreinte carbone. Depuis le début du siècle, on a fait le plus facile : fermer les centrales à charbon, l’énergie la plus polluante, et développer les énergies renouvelables. Mais aujourd’hui on entre dans le dur. Pour résumer le problème, on n’a jamais autant pris l’avion et on n’a jamais autant utilisé de béton.
Problème politique
Le transport représente un quart des émissions mondiales de CO2, et le transport aérien et le transport maritime continuent de croître, alors qu’on n’a pas encore la solution pour faire voler les avions sans pétrole. C’est la même problématique pour l’industrie lourde : le frein technologique pour devenir plus vertueuse. Le secteur du bâtiment, gros émetteur lui aussi, peine également à baisser ses émissions. La rénovation thermique des bâtiments, pour qu’on utilise moins de chauffage l’hiver, et moins de climatisation l’été, cela prend du temps et demande de l’argent.
Hier en France, le gouvernement a reconnu que la baisse des émissions de CO2 était « insuffisante ». C’est pourtant lui qui possède les leviers d’action, qui a les moyens d’agir. La réduction des gaz à effet de serre est d’abord le problème des politiques. Même si, à la fin, ce sera notre problème à tous.
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