Questions d'environnement – Le vélo électrique est-il vraiment écologique?

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Rouler grâce à l’énergie délivrée par une batterie n’empêche pas les vélos à assistance électrique d’être toujours plus compétitifs que la voiture sur le plan climatique.

On en voit de plus en plus, et pas seulement pour la Journée mondiale du vélo, célébrée chaque 3 juin. Le vélo électrique, ou vélo à assistance électrique (VAE), s’est imposé en quelques années dans le paysage et sur les pistes cyclables. Les ventes sont explosé avec le covid, et en France aujourd’hui, 30% des vélos vendus sont électriques. Mais le VAE, c’est une vieille histoire.

À la fin du XIXe siècle, en même temps que l’électricité se généralise, les premiers brevets sont déposés aux États-Unis. Mais le véritable essor viendra du Japon, d’où la télévision française présentait un prototype en 1972 : « Et voici la bicyclette de demain. Électrique, elle vous transportera sur dix kilomètres. Ensuite, il faudra trouver une prise de courant pour recharger la batterie. Une autre invention japonaise qui n’est pas encore commercialisée. » Il faudra attendre la fin des années 90 pour les premiers modèles en série, avec une autonomie bien plus importante pour la batterie.

Alternative à la voiture

Une batterie, c’est du lithium, des terres rares… Ce n’est pas neutre. Mais ce sera toujours mieux qu’une voiture. La batterie « n’empêche pas le vélo à assistance électrique d’avoir toujours un impact environnemental qui est très favorable. En gros, une batterie de vélo à assistance électrique est 100 fois moins capacitaire que pour les voitures électriques », souligne Aurélien Bigo, chercheur sur la transition des transports. Une batterie 100 fois moins grosse, cela limite l’impact écologique. Contrairement à une idée reçue, ce qui pèse le plus dans le bilan carbone d’un vélo n’est ni la batterie ni le fait de la recharger. Ce qui pèse le plus, et même neuf fois plus, c’est la fabrication du cadre, en acier ou pire en aluminium. 

Le vélo électrique peut même devenir une alternative à la voiture, évidemment pas pour faire un Paris Marseille – pour ça on conseille le train. Mais pour les trajets du quotidien, le VAE permet souvent de se passer d’une voiture, et même beaucoup plus que le vélo normal (le vélo mécanique ou musculaire comme on aime le dire dans le XIe arrondissement parisien). « 50 à 70% des trajets qui sont réalisés à vélo à assistance électrique remplacent la voiture. Pour le vélo classique, on est plutôt autour des 10 ou 20% selon les enquêtes qu’on peut avoir. Donc c’est un vrai outil pour réduire l’usage de la voiture et ça permet pour 15 à 25 % des usagers de ces vélos à assistance électrique de renoncer à l’achat d’une voiture ou de revendre une de leur voiture, grâce à cet usage du vélo à assistance électrique », précise Aurélien Bigo.

Le vélo, c’est la santé

Effectuer 1 kilomètre avec un vélo normal, c’est émettre 0 gramme de CO2. Avec un vélo électrique, on émet 10 grammes de CO2, quand la voiture thermique bat tous les records, avec 140 grammes de CO2. Mais il n’y a pas que des avantages écologiques. Si le vélo est bon pour la santé de la planète, il l’est aussi pour la santé humaine. Autre avantage du vélo électrique : il recrute de nouveaux usagers qui ne seraient jamais montés sur un vélo normal.

« Le fait d’avoir cette assistance permet de moins transpirer et de passer plus facilement les reliefs, aller un petit peu plus loin, faire moins d’efforts. Pour des personnes qui ne sont pas forcément très sportives ou qui n’ont pas l’habitude de faire du vélo, l’assistance électrique permet vraiment de passer le pas. On sait qu’effectuer cent minutes de vélo par semaine (soit 1h 40 de vélo par semaine) permet de réduire la mortalité, toutes causes confondues, de 10 % », détaille Aurélien Bigo. Chaque fois que vous pédalez, vous rebouchez le trou de la Sécurité sociale.

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Source du contenu: www.rfi.fr

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