De nombreux végétaux communiquent entre eux, et même avec des animaux. Un langage chimique destiné surtout à se défendre.
Méfiez-vous des apparences. Les plantes, enracinées, immobiles, ont été longtemps sous-estimées, alors que la science a montré qu’elles possédaient des capacités de communication particulièrement inattendues. « C’est une idée très ancienne, la passivité des plantes, souligne François Bouteau, biologiste et professeur à l’université Paris-Cité. Il y a plein de mots qui sont utilisés, comme “l’état végétatif”, mais en fait, on observe l’inverse. »
Alerte générale
Et ce qu’on observe notamment, c’est qu’une plante, attaquée par un prédateur, un insecte, un brouteur, peut émettre des molécules chimiques pour prévenir ses voisines du danger. « Ces autres plantes, avant même d’être attaquées par un prédateur, peuvent mettre en place des réponses de défense, c’est-à-dire qu’elles vont percevoir ce signal et elles vont synthétiser des molécules, des tanins qui vont être désagréables lorsque le brouteur va consommer la plante, ce qui donc va abaisser le taux de broutage et donc l’impact sur la plante », explique François Bouteau.
À écouter dans Autour de la questionÀ quoi pensent les plantes ?
Leurre sexuel
Mais les plantes peuvent aussi communiquer avec des animaux. C’est le cas, par exemple, du maïs, quand il est attaqué par une chenille. « Pour avoir une réponse de défense, il faut déjà percevoir qu’on est agressé. Donc, ça, c’est une démonstration de la sensibilité de la plante, relève François Bouteau. Elle va émettre la phéromone sexuelle du prédateur de la chenille, une odeur qui va attirer une guêpe en l’occurrence, laquelle va venir pensant trouver un partenaire sexuel. Elle n’en trouve pas, mais elle va finalement tomber sur la chenille dont elle peut se nourrir ou pondre dedans. La guêpe va donc débarrasser la plante de la chenille après avoir été appelée par la plante. »
Communication performative
Les plantes seraient donc capables de parler ? « Ce n’est pas un langage avec des mots, des concepts, etc., répond François Bouteau. C’est un mode de communication. Les plantes sont capables d’émettre un signal qui va être perçu par un autre organisme. Dans ce sens-là, c’est donc une communication performative puisqu’elle permet de modifier le comportement de l’organisme qui reçoit le signal. » Dans la nature, on parle, et on agit.
La question de la semaine
« Si les plantes “parlent”, faut-il aussi leur parler ? »
Une étude aux États-Unis avait fait grand bruit : les plantes optimiseraient la photosynthèse lorsque nous leur parlons. Les vibrations de la voix humaine avaient fait pousser davantage les racines et les feuilles, avec un gain de productivité de 15 à 20%. L’un des scientifiques conseillait même de parler aux plantes poliment, gentiment… ce qui est la moindre des choses ! Mais si vos plantes se portent mieux lorsque vous leur parlez, c’est peut-être que vous leur accordez tout simplement un peu plus d’attention ; vous les regardez et remarquez très vite qu’elles manquent d’eau, par exemple. Les plantes vivent d’amour et d’eau fraîche.
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