C'est dans ta nature – Les espèces parapluies, un rayon de soleil pour la biodiversité

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C’est une stratégie de protection du vivant : la sauvegarde de quelques espèces, comme les tigres ou les éléphants, bénéficie, par ricochet, à une multitude de plantes et d’animaux.

Une espèce parapluie, quésaco ? Ce n’est pas une protection contre la pluie, mais une stratégie de protection de la nature, une métaphore. « C’est en référence à la forme du parapluie, une forme qui descend d’un sommet pointu vers une base large, explique Yann Laurans, le directeur du pôle biodiversité terrestre au WWF France, le Fonds mondial pour la nature. Une espèce parapluie est une espèce dont la protection permet de protéger beaucoup d’autres espèces au-dessous d’elle dans le système écologique. »

Éléphant sauvé et sauveur

Il s’agit d’une espèce emblématique, et charismatique, qui vit sur un vaste territoire, comme le tigre, la baleine ou l’éléphant. « Pour protéger l’éléphant d’Afrique, on essaie de lutter contre le braconnage. On essaie de sauvegarder la forêt, son habitat. Ce qui bénéficie aussi au gorille ; le gorille est très timide, donc il lui faut des forêts assez grandes et bien préservées. De la même manière, l’éléphant, et notamment l’éléphant de forêt, a cette capacité de créer des clairières, qui ont un grand intérêt pour beaucoup d’animaux, comme le bongo, un grand mammifère herbivore qui ressemble à une antilope — ça va permettre à l’herbe de pousser. Enfin, l’éléphant a la capacité de disséminer les graines d’un certain nombre d’arbres, dont le mukulungu, un arbre assez menacé. Il les mange entières et les rejette sous forme d’excréments riches en nutriments, qui permettent à la graine de survivre dans les premières semaines de sa vie. »

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Panda mignon

Le WWF, créé en 1961 pour récolter des dons pour protéger la nature, s’était choisi comme emblème une espèce parapluie, le panda, ce nounours noir et blanc qu’on voudrait prendre dans ses bras. « C’est vrai que c’est plus facile de convaincre les gens de nous aider pour protéger un animal aussi mignon que le panda ou aussi beau que le tigre, reconnaît Yann Laurans. C’est beaucoup plus facile que de dire : “Écoutez, on a un programme pour préserver le ver de terre.” L’avantage, c’est qu’en protégeant celui qui attire l’attention, parce qu’il est beau ou fascinant, on peut aussi protéger tous les autres, y compris ceux qui sont beaucoup moins sympathiques et qui sont extrêmement utiles. » Une espèce parapluie est un rayon de soleil pour la biodiversité.

La question de la semaine

Les plantes caméléon existent-elles ?

Oui, et il y en a une qui est particulièrement célèbre, la boquila, une plante grimpante d’Amérique du Sud, une liane qui a la particularité d’imiter le feuillage de la plante à laquelle elle s’accroche, la forme et la couleur des feuilles. Ce phénomène s’appelle le polymorphisme mimétique. Et ce qui est assez incroyable, c’est qu’un même plant de Boquila trifoliolata peut posséder plusieurs types de feuilles s’il grimpe à plusieurs arbustes. Ce mimétisme reste un mystère pour la science. On a émis plusieurs hypothèses : la boquila pourrait capter les substances chimiques volatiles des autres plantes. Et parce qu’en laboratoire une boquila a reproduit les feuilles d’une plante en plastique, on suggère qu’elle aurait la capacité de voir. Ce qui serait du jamais-vu.

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Source du contenu: www.rfi.fr

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