C'est dans ta nature – Comment un nouveau bambou, succulent, a été découvert

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C’est par hasard, lors d’une expédition scientifique au Laos, qu’une nouvelle espèce de bambou a été identifiée, unique en son genre. Deux mille espèces végétales sont découvertes chaque année, surtout dans les forêts tropicales qui abritent 90 % de la biodiversité mondiale.

Parfois, on cherche, et on ne trouve rien. Et puis parfois, on trouve sans vraiment chercher. Et c’est par hasard, il y a une douzaine d’années, qu’une expédition scientifique au Laos est tombée sur une plante qui n’avait jamais été observée.« C’était dans une zone karstique avec des crevasses, un relief très déchiqueté, raconte Denis Larpin, responsable des collections végétales tropicales au Muséum national d’histoire naturelle à Paris. Les botanistes ont trouvé cette plante qui était un peu curieuse, un peu desséchée – on était en saison sèche. Ils sont retournés plus tard en saison humide et ils ont vu qu’il y avait cette fois des feuilles, avec des tiges très gonflées, et ils ont déduit que c’était un bambou. » 

Une nouvelle espèce de bambou, alors qu’on en compte déjà 1 600 sur la planète.

Bambou succulent

En l’absence de floraison (un bambou peut parfois mettre des dizaines d’années avant de fleurir), c’est une analyse ADN qui a permis d’affirmer que ce bambou était unique. On lui a donné un nom : Laobambos calcareus. Il s’agit du seul bambou succulent. Succulent ne veut pas dire qu’il est forcément excellent à manger, même si c’est la même racine. « Succulent vient de succus, le suc, la sève, précise de Denis Larpin. Les plantes succulentes possèdent des cellules qui permettent de stocker de l’eau en forte quantité. C’est le cas des cactus, des agaves ou des baobabs. C’est une adaptation de la plante pour survivre à sécheresse, avoir des réserves d’eau. »

Parce que ce « nouveau » bambou pousse sous un climat particulier, aux saisons extrêmes, avec une sécheresse intense et une période de mousson.

Forêts vierges

Ce n’est d’ailleurs pas complètement un hasard si cette nouvelle espèce de bambou a été découverte dans une forêt tropicale. « C’est là où il y a la plus forte diversité, avec des zones qui n’ont pas été explorées, même s’il y en a de moins en moins, relève Denis Larpin. En marchant dans la nature, dans la forêt, en ayant le sens de l’observation et l’expertise, on peut trouver beaucoup de choses qui interrogent ! » Les forêts tropicales abriteraient 90 % de la biodiversité mondiale, pour l’essentiel encore inconnue. Environ 2 000 espèces végétales sont découvertes chaque année sur la planète. 

À lire aussiPourquoi s’intéresser aux plantes de l’extrême ?

La question de la semaine: Y a-t-il des éléphants au Pakistan?

À l’état sauvage, non, il n’y a pas d’éléphants au Pakistan, mais le pays possède quelques pachydermes dans des zoos, qui défraient régulièrement la chronique. Il y a quelques années, la chanteuse américaine Cher, 79 ans cette semaine, s’était mobilisée pour sauver le dernier éléphant du Pakistan, maltraité dans un zoo. Aujourd’hui, le Pakistan possède deux éléphants, là encore dans un zoo, et cette fois, ils ont la tuberculose – la maladie est endémique pour les humains au Pakistan, et touche indifféremment les humains et les autres animaux. Compte tenu du poids des pachydermes, 4 000 kilos, ils ont droit à un traitement de choc : 400 comprimés à avaler tous les deux jours. Un remède de cheval pour des éléphants.

Source du contenu: www.rfi.fr

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