«Un million d’euros anéanti d’un trait de plume» : le déplorable destin d’une médiathèque devenue un repaire de dealers

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L’ARGENT PAR LES FENÊTRES – L’établissement situé dans l’un des quartiers les plus sensibles de France a été rénové à grand renfort de subventions publiques il y a quatre ans.

Pour les amoureux de livres, Marc Bernard, né en 1900 à Nîmes, est l’auteur de plusieurs romans de la littérature prolétaire aujourd’hui oubliés, parmi lesquels «Annie», lauréat du prix Interallié ou «Pareil à des enfants», salué par l’académie Goncourt. Pour les habitants de Nîmes, le nom de cet illustre local est désormais associé à un invraisemblable raté en matière de politique de la ville. La médiathèque Marc-Bernard, rénovée à grands frais il y a moins de deux ans, est promise à la destruction. Et pour cause : ce havre de culture et de savoir, niché dans un des quartiers les plus sensibles de France, est devenu le repaire des trafiquants de drogue nîmois.

L’histoire démarre en 2019. Pissevin, zone à urbaniser en priorité (ZUP) sortie de terre soixante ans plus tôt, n’a plus rien du «quartier chic» que vantaient les spots publicitaires au début des années 60. La montée de la pauvreté, de l’insécurité et enfin des trafics de drogue ont eu raison de cette utopie urbaine imaginée dans les Trente glorieuses. Depuis 2005, le quartier fait l’objet de plusieurs programmes de rénovation urbaine pilotée par l’Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU). C’est dans ce cadre qu’est décidée la réhabilitation de…

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