Inauguré en mai dernier, le prolongement à l’ouest de cette ligne centrale n’était pas pleinement effectif, seulement ouvert pendant les heures creuses.
Bonne nouvelle pour les usagers des transports en commun franciliens. Dès ce dimanche 15 décembre, le prolongement du RER E vers l’ouest – baptisé projet Éole – tournera enfin à plein régime, sur le tronçon compris entre la gare de Haussmann-Saint-Lazare et Nanterre-la-Folie. Inauguré en mai dernier, celui-ci ne fonctionnait jusqu’alors qu’en heures creuses, de 10h à 16h en semaine, et de 10h à 20h le week-end, avec seulement un train toutes les 15 minutes. Désormais, la ligne fonctionnera également en heures de pointe avec un train toutes les 4 minutes, et ce, grâce à la livraison de 34 nouvelles rames de RER NG, qui offrent 20% de capacité supplémentaire.
Dès lors, l’ensemble des trains du RER E en provenance de l’est (Chelles-Gournay, Villiers-sur-Marne-Le Plessis Trévise et Tournan) seront prolongés jusqu’à Nanterre-la-Folie. «La ligne sera ainsi interconnectée d’est en ouest : il ne sera plus nécessaire de changer de train en gare de Magenta-gare du Nord ou en gare d’Haussmann-Saint-Lazare», se félicitent conjointement Île-de-France Mobilités et Transilien SNCF Voyageurs. Au total, 16 trains par heure circuleront aux heures de pointe, et 10 trains par heure aux heures creuses. Soit un train toutes les 6 minutes dans le tronçon central de la ligne entre Rosa Parks et Nanterre-la-Folie.
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Bientôt la désaturation du RER A
Les deux entités estiment que le RER E sera ainsi «la ligne de RER la plus rapide d’Île-de-France, avec une vitesse pouvant atteindre 120 km/h dans le tronçon central». Il faudra ainsi compter 10 minutes pour relier La Défense à la Gare du Nord, et 24 minutes entre le quartier d’affaires situé dans les Hauts-de-Seine et Val-de-Fontenay, dans le Val-de-Marne. Et cette nouvelle étape du prolongement du RER E pourrait bien avoir une incidence positive sur le reste du réseau. «Elle devrait en effet permettre de désaturer le RER A à hauteur de 15 %, entre Châtelet-Les Halles et La Défense, ainsi que les RER B et D à hauteur de 12 % entre Magenta-gare du Nord et Châtelet-Les Halles», se félicite l’établissement public de Paris La Défense.
«Avec cette nouvelle offre et le prolongement jusqu’à Nanterre, 650.000 voyageurs devraient emprunter la ligne chaque jour dans les mois à venir», contre «370.000 aujourd’hui», estime l’institution qui représente plus de 500 entreprises dont un tiers du CAC40. Avec le prolongement jusqu’à Mantes-la-Jolie, ce chiffre pourrait encore augmenter pour atteindre 700.000 usagers.
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Du retard sur le calendrier de prolongement
En revanche, l’extension du RER E à l’ouest vers Mantes-la-Jolie – initialement prévue pour la fin de l’année 2026 – devrait subir un nouveau retard avec une mise en service complète désormais prévue fin 2029, a indiqué SNCF Réseau la semaine dernière, précisant qu’une mise en service partielle pourrait tout de même avoir lieu au début de l’année 2027. L’installation du «nouveau système de digitalisation de la signalisation et des aiguillages» rencontre des problèmes, a expliqué le maître d’ouvrage du projet. Avant d’ajouter : «son développement et son déploiement sur le secteur de Mantes, très exigeant du fait de la densité du trafic local, ne sont pas suffisamment avancés à ce stade».
L’ouverture aura donc lieu «en deux étapes», précise le gestionnaire d’infrastructure. Le RER E desservira Mantes-la-Jolie début 2027, avec une offre de transport réduite, puis fin 2029 un service complet avec six trains par heure en heure de pointe sera disponible. «Nous parler de 2030 pour un service plein d’Éole, c’est vraiment un choc. On tombe de l’armoire», avait d’ailleurs déploré la présidente de la région et d’Île-de-France Mobilités Valérie Pécresse dans Le Parisien. «C’est un projet qui fait l’objet d’un investissement constant depuis des années, qui est en retard, qui est en surcoût de 50%. Et quand on a épongé les surcoûts, les maîtres d’ouvrage m’avaient affirmé qu’il s’agissait des derniers retards. Donc moi, je l’avoue, je suis en colère», avait-elle lancé. Le projet est désormais évalué à 5,4 milliards d’euros, contre 3,7 milliards annoncés au démarrage, en 2015.
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