Scandale des airbags Takata : le ministre des Transports pointe la «responsabilité probable des constructeurs»

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Depuis l’éclatement du scandale Takata en 2014, «on a perdu beaucoup de temps», a déploré Philippe Tabarot ce mercredi, qui a demandé la création d’ «une mission d’inspection».

«Comment a-t-on pu laisser circuler des millions de voitures dans le monde avec des airbags particulièrement dangereux ?», s’est interrogé ce mercredi sur BFMTV le ministre des Transports, Philippe Tabarot. La question vise aussi bien le tristement célèbre fabricant japonais Takata que les constructeurs automobiles et l’État. Deux jours après la demande d’immobilisation de 236.900 C3 et DS3 par Citroën pour cause d’airbag défectueux, le ministre a affiché sa volonté de traiter «cette affaire très grave» à la racine.

Depuis l’éclatement du scandale Takata, «on a perdu beaucoup de temps», a-t-il déploré. Dès 2014, une série de décès aux États-Unis dans des véhicules équipés d’airbags du groupe japonais – alors numéro un du marché – avait mis au jour des défaillances de sécurité majeures, entraînant des rappels massifs outre-Atlantique, puis en Europe. L’élargissement lundi par Citroën de sa campagne «Stop drive» au nord de la France est une avancée, mais tardive, regrette le ministre. Onze décès ont déjà été recensés en outre-mer et au moins un en métropole.

Absence d’homologation au niveau européen ou mondial

Qui est responsable ? «Avec un peu de recul, les choses se diront», estime Philippe Tabarot, tout en pointant «une responsabilité probable des constructeurs» pour avoir «fait affaire avec la société Takata». En cause notamment : l’absence d’homologation au niveau européen ou mondial encadrant la sécurité des airbags. À ce jour, aucune réglementation n’impose de normes spécifiques pour les airbags avant et arrière au niveau national. Une situation que le ministre entend faire évoluer : «J’ai souhaité porter le débat au niveau européen et au niveau mondial», a-t-il affirmé.

Dans l’immédiat, le danger demeure. «Encore beaucoup de véhicules circulent», malgré leur identification sur les sites des constructeurs, a précisé Philippe Tabarot. En tout, une trentaine de marques se sont approvisionnées auprès de Takata jusqu’en 2019. Le ministre des Transports souhaite à cet égard créer «une mission d’inspection» pour «savoir quelle était la possibilité pour l’État d’obliger les constructeurs à aller encore plus loin dans les rappels».

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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