Qui sont Les #Gueux, ce mouvement anti-ZFE qui appelle à la manifestation ce samedi ?

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Créé par l’écrivain Alexandre Jardin, ce collectif a gagné en popularité grâce aux réseaux sociaux. Il fait partie des initiateurs d’une mobilisation contre les zones à faibles émissions ce samedi, avec des actions prévues notamment à Paris et à Lyon.

La grogne contre les zones à faibles émissions (ZFE) prend de l’ampleur. Ce samedi, les opposants à ces périmètres d’exclusion de certains véhicules très anciens et polluants sont appelés à manifester à Paris, Lyon et d’autres grandes villes françaises. Parmi les collectifs à l’origine de cette mobilisation, on retrouve la Ligue de défense des conducteurs (LDC), la Fédération française des motards en colère (FFMC), mais aussi un mouvement baptisé Les #Gueux.

Créé sous l’impulsion de l’écrivain Alexandre Jardin en début d’année, ce mouvement anti-ZFE a depuis gagné en popularité grâce aux réseaux sociaux – d’où le hashtag dans son nom. Sur X, Instagram et Facebook, ses premières publications datent de janvier dernier, soit après le durcissement des ZFE dans quatre métropoles (Paris, Lyon, Grenoble et Montpellier) le 1er janvier, avec le bannissement des véhicules Crit’air 3 – c’est-à-dire les voitures diesel immatriculées avant 2011 et les voitures à essence immatriculées avant 2006. Mi-février, Alexandre Jardin, rejoint par le chanteur Daniel Guichard, ont lancé un appel aux #Gueux à protester chaque samedi matin, devant les mairies à travers la France.

«Une rupture d’égalité officielle»

Les #Gueux, c’est aussi le titre du livre d’Alexandre Jardin sorti fin mars, un pamphlet contre les ZFE, que l’écrivain surnomme «zones de forte exclusion». «Ça va mal finir», prévient l’auteur dès la première ligne de son ouvrage, pour qui la loi instituant les ZFE «crée clairement des sous-citoyens, des bannis, des gueux qui désormais encombrent la République. On ne veut plus les voir». «On interdit de fait de ville plus de 20 millions de Français qui n’ont pas les moyens de changer de voiture et n’ont pas d’alternative pour aller travailler, se soigner à l’hôpital… vivre !», fustigeait-il dans nos colonnes après la sortie de son livre. «Virer les pauvres pour que les riches respirent mieux pose un sacré problème de République», estimait-il, parlant d’«une rupture d’égalité officielle».

Une dizaine de jours après la sortie de l’ouvrage, Les #Gueux faisaient partie, début avril, des collectifs à l’origine d’une première grande mobilisation nationale contre les ZFE, aux côtés notamment de la Fédération française des motards en colère. À Paris, plusieurs centaines de personnes, majoritairement des motards, avaient manifesté devant la mairie.

Sur son site, le collectif se compare à «une vague non partisane et républicaine, pour une écologie non violente et un retour à l’humanisme», jugeant que «l’écologie a viré au sport de riche». «La bouffe bio est hors de prix, le peuple s’en détourne. Les logements idéaux qu’on a construits avec les DPE sont en nombre insuffisant pour se loger à des prix accessibles. Les véhicules dits propres qu’on nous propose tournent autour de 30-40 000 euros», énumère-t-il, estimant que les ZFE risquent de faire «exploser notre pays dans une révolte qui pourrait bien dépasser en violence celle des Gilets jaunes ».

Rejoint par quelques élus locaux

Le collectif a été rejoint par une poignée d’élus locaux, à l’image de Gilles Gascon, maire LR de Saint-Priest (Rhône) et conseiller à la métropole lyonnaise, le conseiller municipal LR de Caluire-et-Cuire (Rhône) Bastien Joint, ou encore Laurent Jaoul, maire (sans étiquette) de Saint-Brès (Hérault). «J’ai rejoint Les #Gueux car je dénonce la manière brutale, injuste et idéologique avec laquelle la ZFE est imposée par les écologistes à Lyon», explique au Figaro Gilles Gascon.

La figure de proue du mouvement reste Alexandre Jardin. Cet auteur de romans et d’essais, également cinéaste, est aussi un militant de longue date, engagé dans les luttes sociales et populaires. En 1999, le lauréat du prix Femina en 1988, pour son livre Le Zèbre, a cofondé l’Association Lire et Faire Lire, «qui invite les retraités à transmettre le plaisir de la lecture aux enfants des écoles maternelles et primaires». Il est également à l’origine du mouvement citoyen Bleu Blanc Zèbre, fondé en 2014, réunissant «plus de trois cents “faiseux” (associations, entreprises, Scop, mutuelles, communes) qui, sur le terrain, réparent les fractures de la France». Un temps proche du mouvement En Marche ! d’Emmanuel Macron, l’écrivain avait tenté en 2017 de se présenter à l’élection présidentielle, mais n’y était pas parvenu faute d’avoir obtenu les parrainages suffisants.

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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