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Resté à peine trois mois en poste, l’ancien chef de gouvernement ne pourra pas bénéficier de tous les moyens matériels et humains normalement acquis à tous ceux passés à Matignon.
La situation est presque risible pour celui qui avait demandé aux anciens premiers ministres de «faire des efforts» dans leurs dépenses, estimant pouvoir réduire ainsi le train de vie de l’État. Après seulement trois mois passés à Matignon, Michel Barnier rejoint le club des 15 anciens premiers ministres de la Cinquième République, encore en vie, et va ainsi pouvoir bénéficier d’un certain nombre d’avantages mis à la disposition des anciens chefs de gouvernement. Parmi ces moyens matériels et humains, ils peuvent notamment bénéficier, sur leur demande, «d’un agent pour leur secrétariat particulier». Mais ce, uniquement «pendant une durée maximale de dix ans à compter de la fin de leurs fonctions et au plus tard jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge de soixante-sept ans». Une petite nuance qui empêche donc Michel Barnier, âgé de 73 ans, d’être éligible à cet avantage.
En revanche, il pourra bénéficier «d’un véhicule de fonction et d’un conducteur automobile» à vie. Seules raisons pour qu’il n’en soit pas ainsi : tout simplement s’il décidait de ne pas en faire la demande ou s’il disposait déjà d’un véhicule de fonction «pour l’exercice d’un mandat parlementaire, d’un mandat d’élu local ou d’une fonction publique». C’est notamment le cas du président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius, du maire du Havre Edouard Philippe et du PDG de la RATP Jean Castex. Michel Barnier aura aussi le droit à une protection policière, qui relève du service de la protection (SDLP) de la place Beauvau. Ces mesures de protection sont en effet accordées sur décision du ministre de l’intérieur en vertu d’une tradition républicaine non écrite qui prévoit la protection des anciens Présidents de la République, anciens premiers ministres et anciens ministres de l’intérieur. Sans limitation de durée.
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Un coût difficile à évaluer
Quant à savoir combien coûtera Michel Barnier, en sa qualité d’ancien premier ministre ? Nul ne pourra précisément le déterminer avant d’en avoir un premier bilan et avant de connaître son choix concernant la présence ou non d’un chauffeur à ses côtés. Seule certitude, en 2023, les dépenses des anciens premiers ministres – concernant les véhicules de fonction et les secrétariats – s’élevaient à 1,423 million d’euros, contre 1,283 million d’euros l’année précédente selon un rapport de la commission des finances de l’Assemblée nationale. Dépenses auxquelles il faut ajouter celles concernant leur sécurité, sachant que le ministère de l’Intérieur refuse de communiquer les chiffres, dont on sait néanmoins qu’ils sont importants. En 2019, le coût de la protection des anciens premiers ministres s’était par exemple élevé à plus de 2,8 millions d’euros intégrant la masse salariale, les heures supplémentaires, les frais de mission et les véhicules des agents de police.
En outre, Michel Barnier aura bien droit à une indemnité de départ, à la seule condition qu’il ne reprenne pas une activité rémunérée durant les trois mois qui suivent son départ. Celle-ci correspondra alors à trois mois de salaire sur une base de 16.000 euros brut mensuels. Soit environ 48.000 euros au total. Un montant qui reste finalement modéré au regard du budget total alloué aux anciens premiers ministres. De plus, il est fort à parier que l’ancien chef de gouvernement, qui se disait prêt à «faire des améliorations sur le train de vie de l’État» et appelait ainsi ses prédécesseurs à «être plus sobres et plus simples», ne sera pas le plus dépensier. Le contraire risquerait de le discréditer pour toujours.
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