Mélanie Plouviez : «La moyenne d’âge des héritiers était de 25 ans en 1820, elle est de 60 ans aujourd’hui»

Date:

ENTRETIEN – Ces transmissions sont désormais des transferts de personnes très âgées vers des personnes âgées. Spécialiste de la philosophie politique du XIXe siècle, Mélanie Plouviez regrette un manque de réflexion originale sur le sujet.

«Tous y attachent, ou de l’espérance de sortir un jour, soit de l’indigence, soit de la médiocrité, ou celle d’étendre leur fortune actuelle et de multiplier leurs jouissances.» Ainsi le député Merlin de Douai décrivait-il l’héritage en 1790. Au moment où les transmissions familiales représentaient quasiment le seul moyen de s’élever socialement. Avant de reculer au XXe siècle au profit de la «valeur travail». Puis de revenir depuis une quarantaine d’années. En 2021, le Conseil d’analyse économique pointait la hausse de la part de fortune héritée dans le patrimoine total : 65% en moyenne contre 34% dans les années 70. Nous sommes une société d’héritiers de plus en plus âgés, observe Mélanie Plouviez, spécialiste du XIXe siècle.

LE FIGARO. – Vous êtes une spécialiste du XIXe siècle et c’est sous cet angle que vous en êtes venue à la question de l’héritage. Cette institution a repris depuis les années 1970 la place qu’elle occupait à l’époque de Balzac. Qu’est-ce que ça signifie ?

MÉLANIE PLOUVIEZ. – Le fossé entre ce que permet l’héritage et ce que permet le travail ne cesse de se creuser. Songez-y : est-il encore possible aujourd’hui de devenir propriétaire de son logement à Paris depuis les seuls revenus de son travail, sans aide familiale ? La situation s’est…

Cet article est réservé aux abonnés. Il vous reste 84% à découvrir.

Vous avez envie de lire la suite ?

Débloquez tous les articles immédiatement.

Déjà abonné ?
Connectez-vous

Source du contenu: www.lefigaro.fr

Share post:

Populaire

More like this
Related