L'investissement de Sanofi aux États-Unis n'est «pas un problème», estime Macron

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Jeudi, le ministre de l’Économie Éric Lombard avait qualifié de «mauvais signal» l’annonce du géant pharmaceutique français d’un investissement d’au moins 20 milliards de dollars outre-Atlantique d’ici 2030.

Le président Emmanuel Macron a déclaré vendredi que l’investissement de 20 milliards de dollars de Sanofi aux États-Unis n’était pas nouveau et ne constituait «pas un problème», dans une interview accordée à une dizaine de titres de la presse régionale dont Ouest-France et publiée vendredi soir. Mercredi, le groupe pharmaceutique tricolore avait annoncé vouloir investir «au moins 20 milliards de dollars aux États-Unis» sur cinq ans, consacrés à «une augmentation significative des dépenses de recherche et développement» dans ce pays et «à la production américaine».

Jeudi, le ministre de l’Économie Éric Lombard avait déploré un «mauvais signal à un moment où nous considérons et nous sommes convaincus que (…) l’Europe et la France, c’est l’endroit où il faut investir». «Sanofi a discuté avec nous sur ce sujet, donc il n’y a pas de problème», a assuré Emmanuel Macron vendredi, selon ses propos aux journaux régionaux rapportés par Ouest-France.

«Sanofi a fait comme plusieurs de ses compétiteurs»

«Je veux insister sur deux choses: ils n’ont annoncé aucun euro nouveau, ils ont récapitulé les investissements qui étaient en cours et ils font à peu près la même chose en France en montant d’investissement», ajoute M. Macron dans cette interview. Il «considère que ce n’est pas du tout un problème», et poursuit : «Sanofi a fait comme plusieurs de ses compétiteurs: elle a voulu montrer qu’elle ne se désintéressait pas du tissu productif américain pour ne pas avoir des sanctions ad hoc, puisqu’en fait la régulation sur les [laboratoires pharmaceutiques] est un peu différente, les Américains vont faire du cas par cas» pour fixer les prix des médicaments, détaille-t-il.

Son ministre de l’Économie avait déclaré jeudi qu’il «aurait préféré que Sanofi prenne une autre décision». Les syndicats de Sanofi ont également critiqué cet investissement, y voyant un «désengagement industriel et social du secteur pharmaceutique en Europe».

«Parce que Trump s’agite, Sanofi sort les chiffres», a notamment dénoncé à l’AFP Fabien Mallet, CGT Sanofi France, anticipant que «la recherche va basculer aux États-Unis». Avec leur choix stratégique tourné vers le marché américain, les laboratoires «n’ont même pas laissé le temps aux Européens de trouver une solution alternative», s’était pour sa part indigné Adil Bensetra, de la CFDT, redoutant «une perte totale de notre souveraineté sanitaire dans les 4 à 6 ans».

Avec ses menaces de droits de douane sur les importations de médicaments, le nouveau pouvoir à Washington a déjà fait changer de pied d’autres grands noms du secteur : Eli Lilly, Johnson & Johnson, Novartis ou encore Roche se sont dits prêts à lancer des investissements de très grande envergure aux États-Unis.

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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