RÉCIT – Jes Staley tente de faire annuler en justice la décision des régulateurs britanniques, arguant qu’il avait coupé les ponts avec le criminel sexuel. Mais des emails exhumés suggèrent qu’il le considérait comme sa «famille» et l’appelait «tonton».
«Une affaire historique». À en croire la presse britannique, cela faisait longtemps que l’«Upper Tribunal» de Londres n’avait pas connu une bataille judiciaire aussi médiatisée. Il faut dire que l’audience, qui a débuté lundi 3 mars et doit durer deux semaines, déroule une histoire spectaculaire qui navigue entre Wall Street à New York, la City de Londres et les Îles Vierges des États-Unis. Sur fond de mensonges, de scandales et de conflit d’intérêts, elle fait intervenir les banques Barclays et JPMorgan, le criminel sexuel Jeffrey Epstein, et surtout un célèbre financier américain, Jes Staley, ancien directeur général de Barclays.
À 68 ans, celui-ci a fait appel de la décision de la Financial Conduct Authority (FCA, l’équivalent de l’Autorité des marchés financiers en France) de lui interdire d’exercer toute fonction de premier plan dans le secteur de la finance au Royaume-Uni. La FCA a prononcé cette sanction en 2023, jugeant que Jes Staley avait menti concernant la nature des relations qu’il entretenait avec Jeffrey Epstein en 2015 au moment de sa nomination comme patron de Barclays, l’un des plus gros postes de la City de Londres. Staley nie avoir été au courant des crimes d’Epstein, dément toute relation étroite, et affirme avoir cessé tout contact avec lui en 2015. Mais pour le régulateur, les deux hommes seraient en réalité des «amis proches» et auraient continué à échanger pendant des années après la prise de poste de Jes Staley.
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