Les marges sont faibles dans cette activité. Si le groupe La Poste a vu son bénéfice net se redresser en 2024, c’est surtout grâce à la bonne santé de CNP Assurances.
En deux ans, Shein et de Temu se sont imposés dans le quotidien des Français en particulier, et des consommateurs occidentaux en général. Ce qui n’est pas sans avoir un effet sur le groupe La Poste, dont la moitié de l’activité dépend du colis et qui est le leader en Europe dans ce secteur, au coude à coude avec DHL-Deutsche Post. Les plateformes chinoises représentent désormais 22% des colis que l’entreprise publique achemine en France. Une aubaine ? Pas tout à fait. «Nous ne perdons pas d’argent sur les petits colis (spécialité de ces plateformes NDLR), mais nous n’en gagnons pas beaucoup», a expliqué Philippe Wahl, le PDG du groupe, lors de la présentation des résultats annuels du groupe.
Les Européens sont aussi de plus en plus adeptes de la livraison hors de leur domicile, en consignes ou en magasins (point-relais). Problème : dans ce circuit, les marges sont plus faibles que pour une livraison classique à la maison. À cause de la combinaison de ces deux phénomènes, le résultat d’exploitation de Geopost, la filiale du groupe spécialisée sur le colis et l’express, a baissé de 98 millions d’euros en 2024 (en organique), à 624 millions d’euros, malgré une hausse de 1% du chiffre d’affaires, à 15,7 milliards d’euros. «L’e-commerce est reparti en 2024, après le creux de 2022 et 2023, et nous pensons qu’il va continuer à croître», a précisé Philippe Wahl. Qui table sur une consolidation dans le secteur du colis à l’avenir.
Si le colis est un pilier de l’entreprise publique, son assurance tout risque, c’est… l’activité de CNP Assurances. Désormais dans le giron de La Banque Postale (et donc du groupe La Poste), ce spécialiste de l’assurance-vie a profité de l’engouement des Français pour ce produit d’épargne l’an passé : la collecte brute de l’assurance-vie a grimpé de 7% à La Banque Postale. Conséquence, même si l’activité bancaire proprement dite reste en cours de redressement, La Banque Postale a dégagé 2,7 milliards d’euros de résultat d’exploitation en 2024. Cette filiale, qui représente 21% du chiffre d’affaires du groupe, a fait l’essentiel de son résultat d’exploitation, qui s’est établi à 2,95 milliards l’an passé.
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Le courrier continue de baisser
Le courrier a, quant à lui, poursuivi sa décrue l’an passé : le nombre de plis a baissé de 8,2%. L’activité historique de La Poste ne représente plus que 15,8% de son activité. Les services de proximité (livraison de repas, aide à domicile, santé…) ont continué à croître, tandis que le numérique a souffert du ralentissement du marché des entreprises – mais ces deux activités pèsent peu.
Au total, le groupe La Poste a tourné la page en 2024 des déboires de 2023, une année marquée par le ralentissement du secteur du colis et des difficultés dans l’activité bancaire de La Banque Postale. Le chiffre d’affaires global de l’entreprise publique a progressé pour atteindre 34,6 milliards d’euros l’an passé. Et surtout, son résultat net a grimpé, à 1,4 milliard d’euros. En enlevant l’impact exceptionnel de la plus-value liée à la vente de La Poste Telecom, il tourne autour du milliard. «C’est le nouvel étiage pour le groupe. Cela montre la montre la solidité du modèle stratégique de La Poste», a souligné Philippe Wahl, qui s’apprête à lâcher les rênes de l’entreprise cette année, après 12 ans à sa tête. La dette nette, pointée par la Cour des comptes dans un récent rapport, a aussi décru l’an passé, passant de près de 8 milliards d’euros à 6,5 milliards.
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