DÉCRYPTAGE – Les éditeurs ont amorcé un bras de fer avec les géants de l’IA pour obtenir une contrepartie à l’utilisation de leurs corpus.
L’esprit blagueur des écrivains donne parfois des sueurs froides aux éditeurs et aux critiques littéraires. Chacun se souvient de la stupeur dans le monde des lettres quand, en 1981, le « neveu » de Romain Gary, Paul Pavlowitch, avait fini par vendre la mèche : Émile Ajar, le mystérieux auteur du roman Les Racines du ciel n’a jamais existé ; boudé par la critique, le romancier a endossé cette identité factice pour s’offrir une seconde jeunesse littéraire et un deuxième Goncourt. Personne, pas même son éditeur, Gallimard, n’avait été mis dans la confidence.
Quarante ans plus tard, alors que le sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle bat son plein dans la capitale, un autre tour de passe-passe pourrait se jouer au nez et à la barbe des éditeurs français. Ne pourrait-on pas imaginer que ces derniers se laissent, dans un futur proche, duper par un manuscrit rédigé par une intelligence artificielle, dont la nature ne serait dévoilée qu’après une hypothétique publication, ou…
Source du contenu: www.lefigaro.fr
