Facture d’électricité : ferez-vous partie des gagnants de ce 1er février ?

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DÉCRYPTAGE – Une baisse de 15% de la note, promise par le gouvernement, entre en vigueur ce samedi. Si elle concerne la plus grande partie des abonnés, tous n’en bénéficieront pas. Explications.

Marié, deux enfants, vivant en appartement et payant 2200 euros d’électricité par an, Antoine a attendu ce 1er février avec impatience. La note baissera-t-elle de 15% comme promis ? Pour le savoir, il lui faut dès à présent regarder le détail de son abonnement. En effet, la diminution de la facture de 15% promise par le gouvernement ne concerne pas tous les abonnés, mais une majorité d’entre eux soit environ 24 millions de foyers ayant opté pour les Tarifs Réglementés de Vente (TRV), ou un contrat les répliquant. Dans le détail, 20,4 millions de foyers sont au «tarif bleu» d’EDF (60% des abonnés résidentiels) auxquels s’ajoutent les 4 millions d’abonnés indexés sur ce tarif.

La baisse de 15% est le fruit d’un calcul… et paradoxalement, de la hausse de deux taxes. Les TRV sont établis par la CRE, qui prend en compte les prix de l’électricité sur le marché de gros au cours des vingt-quatre mois précédents. Après s’être envolés en 2021-2022, ces prix sont progressivement redescendus, sans renouer avec leurs niveaux d’avant-crise, toutefois. Les TRV fixés pour 2025 reflètent donc pour partie les prix de gros de l’électricité constatés en 2023 et 2024. Et ils ont très fortement chuté. Il faut toutefois rappeler que les Français avaient été protégés de la flambée des prix de l’électricité par le «bouclier tarifaire» mis en place par le gouvernement Castex dès l’automne 2021. La hausse a été moins violente que dans d’autres pays, la baisse est aussi moins spectaculaire.


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Un tiers de la facture acquittée

Au tarif réglementé, l’ampleur de la ristourne dépend du type d’offre. En tarif «base», la baisse sera ainsi de 14,5%. Les abonnés en heures creuses/heures pleines bénéficieront eux d’une baisse de 16%, soit une économie annuelle de 651 euros pour une maison de quatre personnes en cuisson-chauffage-eau chaude. Elle se limite toutefois à 2% pour les abonnés en option Tempo (qui propose des tarifs réduits en échange d’une baisse de consommation certains jours).

Mais l’énergie proprement dite ne représente qu’un tiers environ de la facture acquittée. Il faut encore y ajouter les taxes. Or, le bouclier tarifaire prévoyait aussi que l’une d’entre elles, la TICFE rebaptisée «accise sur l’électricité», soit ramenée à son niveau le plus bas possible ( 0,5 euro du mégawattheure MWh). Elle a été remontée à 21 euros du MWh en 2024. Le gouvernement Barnier avait un temps envisagé de l’augmenter sensiblement, au-delà de son niveau de 2020, pour faire entrer environ 3 milliards d’euros de plus dans les caisses de l’État. L’idée a finalement été abandonnée, mais l’absence de loi de finance laissait planer un doute sur le montant de l’accise. Un arrêté publié au journal officiel le 28 décembre a enfin permis de clarifier la situation. Il entérine la fin du bouclier tarifaire, et avec elle, le retour de l’accise à son niveau d’avant crise, augmenté de l’inflation : 33,70 euros du MWh pour les particuliers – et 26,23 euros pour les PME.

Hausse de 7,7% du tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité (Turpe)

Le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité (Turpe) augmente lui aussi ce 1er février, et non pas au mois d’août comme c’est habituellement le cas. La hausse est de 7,7%. Elle est destinée à financer les investissements consentis par les gestionnaires du réseau, (RTE pour la très haute et haute tension, Enedis pour la moyenne et basse tension) afin de les entretenir, de les adapter au changement climatique et d’accompagner les nouveaux moyens de production (panneaux solaires, éoliens) et de consommation (bornes de recharge pour véhicules électriques, par exemple).

En dépit des hausses des taxes, la facture des consommateurs aux Tarifs réglementés de vente (TRV) baissera bien. Les TRV actuels sont à 280 euros du MWh, avec la baisse de 15% ils passeront à environ 238 euros du MW, incluant une hausse de 12 euros au titre de l’accise (ex-TICFE) et de 5 euros environ pour le Turpe. Ramené au kilowattheure, on parle de 6 centimes de hausse de taxes et Turpe environ.

Mais quand les consommateurs verront-ils la différence sur la facture ? Les clients d’EDF qui ont opté pour une mensualisation verront leur échéancier ajusté à la date anniversaire de leur contrat. Autrement dit : si vous avez signé en septembre, il vous faudra attendre la rentrée. Mais, certains abonnés ont opté pour la formule «mensualités sans surprise», leur échéancier pourrait alors être ajusté en cours d’année, si la baisse de la facture annuelle est supérieure à 9%. Seuls ceux qui ont une consommation inférieure ou égale à l’année précédente sont concernés. Les autres devront patienter pour bénéficier d’un ajustement à la date anniversaire de leur contrat. Un point qui attire l’attention de la CRE. «Il faut que la mensualisation tienne compte de l’évolution du tarif, puisque la baisse est importante», avertit Emmanuelle Wargon, présidente de la CRE.

Les offres de marché restent attractives

Quid des foyers qui ont opté pour des contrats au prix de marché et non pas aux TRV? «Les consommateurs disposant de contrat en offre de marché ont déjà bénéficié de la baisse, souvent bien plus importante que l’augmentation de l’accise et du Turpe qui leur sera appliquée», ajoute Emmanuelle Wargon. Ainsi, explique-t-elle «les contrats souscrits il y a six mois, pour une durée d’un an, l’ont été à des tarifs bien inférieurs à ceux des TRV. Leur facture reflète donc déjà la baisse de la part électricité, même si elle augmente du fait des taxes et du Turpe». Plus le contrat est avantageux, plus la hausse des taxes en proportion sera importante. L’attractivité des nouveaux contrats en offre de marché dépend des offres commerciales, mais il en existe de nombreux affichant encore un «TRV -20%, voire -25%».

Et pour la suite? «Les prix sur les marchés de gros sont relativement stables depuis six mois. Les fondamentaux de la production sont bons. La production du parc nucléaire d’EDF remonte, les renouvelables tournent à plein, la France exporte son électricité, qui est une des moins chères d’Europe», constate Emmanuelle Wargon. Mais pas question pour la présidente de la CRE de se risquer à une prévision.

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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