Éco d'ici éco d'ailleurs – Nouvelle-Calédonie : le caillou au bord du gouffre économique

Date:

À 17 000 kilomètres de Paris, la Nouvelle-Calédonie, territoire d’Outre-mer français, traverse une crise économique sans précédent depuis les émeutes de mai 2024. Deux années plus tard, les 265.000 habitants font face à un effondrement structurel, aggravé par la dépendance au nickel, dont l’issue reste incertaine. Un économiste et un chef d’entreprise dressent un bilan sans concessions puis esquissent les voies d’un redressement possible.

La crise en chiffres

La Nouvelle-Calédonie, territoire français du Pacifique Sud constitué de dizaines d’îles et dont la capitale est Nouméa, vit sous souveraineté française depuis 1853. Le territoire bénéficie d’une forte autonomie, mais les revendications indépendantistes des communautés kanaks y restent vives et s’expriment parfois violemment. Les émeutes de mai 2024, déclenchées par un projet de révision constitutionnelle, ont causé quatorze morts et un coût estimé à 2,2 milliards d’euros. Elles ont aggravé une situation déjà fragilisée par plus d’une décennie de ralentissement économique et une crise du secteur du nickel — pilier historique de l’économie locale.

👉 −13,5% de PIB perdu en 2024 après les émeutes

👉 −8% de PIB supplémentaire perdu en 2025

👉 14 000 emplois détruits depuis mai 2024 sur 65 000 salariés du privé.


Des clients font la queue devant un supermarché de Nouméa où l’accès était limité pendant les émeutes, en mai 2024. © Théo Rouby / AFP

Nos invités

🎙️ Olivier Sudrie, économiste spécialiste de l’outremer, fondateur du cabinet DME (Didacticiels et Modélisation Économiques)

💬« Le choc de la Nouvelle-Calédonie est à peu près équivalent au choc que nous avons connu au niveau national à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. »

💬« Il n’y a aucune fatalité à la situation que vit actuellement la Nouvelle-Calédonie. Tout peut repartir. Il faut pour cela un effort du gouvernement calédonien lui-même, mais aussi un effort financier de la part de l’État. »

💬« Donner un travail à quelqu’un, c’est lui donner un salaire et donc forcément lui permettre aussi d’avoir une dignité et de pouvoir se projeter dans le futur. Et ça, en fait, les Outre-mer — la Nouvelle-Calédonie ne fait pas exception à la règle. »

🎙️ Xavier Benoist, directeur général de Bluescope Acier Nouvelle-Calédonie · Président de la Fédération des Entreprises et Industries de Nouvelle-Calédonie

💬« Depuis 2024, c’est l’effondrement et l’effondrement s’accélère. »

💬« On est en train de créer toutes les conditions pour de nouvelles violences. Les sujets de la Calédonie aujourd’hui, c’est quand est-ce que telle collectivité va faire banqueroute ? Quand est-ce que notre régime de retraite local va être en rupture de trésorerie ? »

💬« Personne ne va investir dans une activité économique en Nouvelle-Calédonie tant qu’on n’aura pas un peu de visibilité sur l’avenir du territoire. Ce choc de confiance, il est essentiel. »

Avec les participations de Charlotte Mannevy, correspondante de RFI à Nouméa et Dominique Lefeivre, président Les cacaos du Pacifique.

Bruno Faure et ses invités dans les locaux de RFI
Bruno Faure et ses invités dans les locaux de RFI © RFI

Notre reportage

La crise du secteur du nickel, le Covid et les révoltes indépendantistes de 2024 ont eu pour conséquence la fermeture de nombreuses entreprises, mines et usines. Parmi les Calédoniens licenciés, de nombreux Kanaks ont dû quitter leur logement pour retourner dans leur tribu. C’est tout un mode de vie fait d’agriculture et de coutume qu’ils retrouvent. Reportage de Théo Renaudon.

REP. Jeunes kanaks reviennet dans leurs tribus

 

💻 Réalisation : Guillaume Munier.

🎵 Choix musical : Mizé Si Péyi La / Soft.

Source du contenu: www.rfi.fr

Share post:

Populaire

More like this
Related