Droits de douane : face à Trump, le ministre de l’Économie fait de nouveau appel au «patriotisme» des patrons français

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«Nous sommes dans une bataille qui vise en réalité à nous affaiblir», a estimé Éric Lombard, dans un entretien à La Tribune dimanche, ce 20 avril.

Emmanuel Macron avait ouvert la voie. Début avril, à l’Élysée, au lendemain de l’annonce de droits de douane massifs par Donald Trump, le président de la République avait appelé à ne pas «jouer solo», mais à privilégier l’action collective. «Nous avons besoin, dans cette phase, de rester unis et d’être déterminés. Et je le dis aussi parce que je sais ce qui va se passer, les plus gros auront tendance à jouer solo. Et ce n’est pas une bonne idée», avait-il mis en garde, le 3 avril, face à un parterre de dirigeants d’entreprises.

Deux semaines et demi plus tard, le ton n’a pas changé. «Nous sommes dans une bataille qui vise en réalité à nous affaiblir. […] Alors oui, j’en appelle au patriotisme des chefs d’entreprise», lance le ministre de l’Économie, Éric Lombard, dans un entretien accordé à nos confrères de La Tribune dimanche. Les dirigeants français «doivent travailler avec les États pour que cette bataille soit gagnée. […] La solidarité est plus que jamais nécessaire», insiste le patron de Bercy, pour qui les États-Unis devront revenir «tôt ou tard» à la table des négociations.

L’ancien patron de la Caisse des dépôts avait déjà tenu un discours similaire, peu après la prise de parole d’Emmanuel Macron. Soutenant l’idée lancée par le président d’un gel des projets d’investissements tricolores aux États-Unis, Éric Lombard avait lui aussi fait appel au «patriotisme» des chefs d’entreprise. «Il est clair que si une grande entreprise française acceptait d’ouvrir une usine aux États-Unis, ce serait donner un point aux Américains», estimait-il alors, sur BFMTV/RMC.

«On ne va pas à une négo en ordre dispersé»

Le ministre n’est pas le seul à tenir ce type de discours. Sur TF1, ce vendredi, le patron des centres E. Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, avait à son tour appelé à jouer «patriote», face au locataire de la Maison Blanche. «Trump est monté comme un orang-outan sur son ring, il ne faut pas que Bernard Arnault, Saadé, le patron de CMA-CGM, ou de Schneider Electic, aillent signer leur accord avant que l’Europe n’ait négocié, sinon on a l’air minable», jugeait le distributeur. «C’est tactique, on ne va pas à une négo en ordre dispersé. C’est vrai pour les gouvernements, c’est vrai pour les chefs d’entreprise», ajoutait-il ensuite.

Ces propos visaient notamment le dirigeant de LVMH, Bernard Arnault. Cette semaine, lors de la présentation des résultats du groupe, l’homme d’affaires avait appelé les Européens à discuter au plus vite avec Washington. «Il faut absolument trouver un accord, comme les dirigeants de Bruxelles semblent essayer d’en trouver un pour la voiture allemande. Pour la viticulture française, c’est vital», indiquait-il. Critique envers l’Union européenne – dirigée par «un pouvoir bureaucratique qui passe son temps à éditer des réglementations» -, il avait ajouté qu’en cas d’échec des pourparlers, «il ne faudra pas dire que c’est de la faute des entreprises. Ce sera la faute de Bruxelles si cela devait arriver». Des propos avaient suscité des réactions variées, au sein de la classe politique tricolore.

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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