Dans le sillage de Nvidia, une large partie du secteur des semi-conducteurs a également été plombée : Broadcom a dévissé de 17,40%, AMD a perdu 6,37%, Micron a décroché de 11,71% et Marvell Technology a sombré de 19,10%.
Le nouveau modèle d’IA DeepSeek porté par une start-up de Hangzhou n’a pas fini de déstabiliser les géants américains. Nvidia s’est effondré lundi 27 janvier de près de 17% en clôture à Wall Street, miné par des informations autour de la start-up chinoise, qui a dévoilé la semaine dernière un modèle d’intelligence artificielle (IA) à bas prix. Nvidia a perdu 589 milliards de dollars de capitalisation boursière, l’une des pires pertes de l’histoire selon la presse américaine, les investisseurs digérant la possibilité d’une solution plus rentable que celle des groupes américains en matière d’IA. Le champion américain des puces a également perdu sa place de première capitalisation mondiale, derrière Apple et Microsoft. À la clôture de la Bourse américaine, l’action de Nvidia a dégringolé de 16,97% à 118,42 dollars.
La sortie de R1, le dernier modèle de la start-up chinoise DeeSeek, a initialement reçu une attention limitée aux États-Unis, éclipsée par l’investiture de Donald Trump. Mais ce week-end, DeepSeek est devenue l’application gratuite la plus téléchargée sur la boutique en ligne d’Apple aux États-Unis, supplantant ChatGPT, le chatbot d’OpenAI qui a lancé la course à l’IA générative fin 2022. Selon un article, le modèle de DeepSeek n’a été entraîné qu’avec une fraction des puces utilisées par ses concurrents occidentaux, alors que ses capacités sont équivalentes à celles des leaders américains du secteur.
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Un modèle «impressionnant»
Le nouveau modèle de DeepSeek est «impressionnant», a ainsi déclaré lundi soir Sam Altman, le patron d’OpenAI, au sujet du rival chinois de son propre modèle d’intelligence artificielle générative, ChatGPT. «Surtout étant donné ce qu’ils sont capables de fournir pour le prix», a-t-il ajouté sur X. Les performances de DeepSeek, équivalentes à celles de ses concurrents américains mais pour une fraction de leurs coûts, ont semé la panique dans la Silicon Valley et à Wall Street lundi. L’entreprise a par ailleurs déclaré avoir subi une cyberattaque lundi, mais le chatbot a fonctionné normalement plus tard dans la journée.
DeepSeek a en effet déclaré n’avoir dépensé que 5,6 millions de dollars pour développer son modèle, une somme dérisoire comparée aux milliards investis par les géants américains. Dans le sillage de Nvidia, une large partie du secteur des semi-conducteurs a également été plombée par ces informations : Broadcom a dévissé de 17,40%, AMD a perdu 6,37%, Micron a décroché de 11,71% et Marvell Technology a sombré de 19,10%. D’autres géants de la tech, qui ont réalisé d’immenses investissements pour trouver leur place dans le secteur de l’IA, ont également terminé en berne, à l’image de Alphabet (Google) qui a abandonné 4,03%.
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Des modèles trop gourmands ?
Pour les experts, le succès de DeepSeek remet en cause l’idée que l’IA générative nécessite des sommes colossales. Les restrictions à l’exportation poussent les start-up chinoises à innover «en privilégiant l’efficacité, la mise en commun des ressources et la collaboration», a ainsi souligné la MIT Technology Review. «Le travail de DeepSeek illustre comment de nouveaux modèles peuvent être créés» à l’aide de techniques différentes, «en s’appuyant sur des modèles largement disponibles et sur des puces entièrement conformes aux règlements sur les exportations», a déclaré à l’AFP une porte-parole de Nvidia.
Elon Musk, qui a abondamment investi dans sa société xAI, et le patron de ScaleAI, une start-up soutenue par Amazon et Meta, soupçonnent DeepSeek d’accéder secrètement aux puces H100 de Nvidia, les plus sophistiquées. Des accusations d’une «équipe de gosses de riches» qui s’est fait «doubler par une équipe de gosses de pauvres», a réagi sur X l’investisseur Jen Zhu Scott, basé à Hong Kong. Le gouvernement américain voit dans le développement d’une IA toujours plus puissante un enjeu de sécurité nationale. Cette obsession s’est traduite par des décrets exécutifs sous Joe Biden, des obligations des entreprises aux contrôles à l’exportation.
Donald Trump a de son côté annoncé la semaine dernière un grand projet d’infrastructure d’IA impliquant notamment OpenAI et la société japonaise SoftBank, soulignant que la concurrence avec la Chine était l’une des principales motivations. S’exprimant devant des élus lundi, il a jugé que DeepSeek constituait un «avertissement» pour les industriels américain à «rester très concentrés sur la concurrence pour gagner».
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