Chronique des matières premières – Risques de perturbation du marché de l'aluminium en 2026 et 2027

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Les prix de l’aluminium sont devenus, comme ceux des hydrocarbures, un indicateur de la dégradation de la situation dans le golfe Persique. Ils sont repartis à la hausse après les attaques du week-end du 28 mars qui font craindre des pénuries d’approvisionnement prolongées. 

Les pays du Golfe produisent plus de 6,5 millions de tonnes d’aluminium chaque année. L’essentiel est exporté, ce qui finalement représente entre 10 et 15% du commerce mondial. La région est aussi leader en matière d’alliage d’aluminium, avec une production de métal de qualité militaire très prisée par l’industrie américaine de la défense. Mais depuis le 28 février, les cartes ont été rebattues et les attaques iraniennes sur deux fonderies majeures, le week-end dernier, sont venues alimenter les inquiétudes.

Aluminium Bahrain n’a pas encore communiqué sur l’étendue des dégâts subis, mais avant même les dernières attaques, l’entreprise avait déjà annoncé l’arrêt de 20% de sa capacité de production. Les Émiriens d’EGA (Emirates Global Aluminium) ont confirmé de leur côté que les dommages sur un de leurs sites à Abou Dhabi étaient importants.

Les cours ont donc réagi par anticipation, mais aussi sur la base de signaux concrets : les stocks d’aluminium de la bourse aux métaux de Londres ont chuté brutalement, rapporte l’agence Bloomberg, les négociants s’étant précipités pour retirer du métal des entrepôts, afin de pouvoir honorer leur contrat.

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Hausse des prix sur la durée ?

Grâce aux stocks offshore importants dont disposerait l’entreprise émirienne EGA, l’impact sur l’approvisionnement en 2026 pourrait être limité, explique Bernard Dahdah, analyste mines et métaux chez Natixis. En revanche, précise l’expert, l’excédent de 200 000 tonnes qui était prévu en 2027 pourrait se transformer en déficit de plus d’un million de tonnes d’aluminium.

Ce déséquilibre s’accentuera si l’unité de production d’Alba (Aluminium Bahrain) est durablement endommagée. Le pire des scénarios serait qu’un arrêt complet des opérations soit décidé : il faudrait alors plusieurs mois, jusqu’à un an peut-être, pour redémarrer les installations.

Plusieurs secteurs et pays dépendants

Les États-Unis mais aussi les pays membres de l’UE qui ont réduit leurs achats d’aluminium russe et augmenté leurs importations du Moyen-Orient sont les premiers concernés par la situation. Pour l’instant, les conséquences sont limitées car certaines cargaisons du Golfe avaient déjà franchi le détroit d’Ormuz quand la guerre a éclaté.

Mais à partir du troisième trimestre, le manque pourrait commencer à se faire sentir. L’aluminium est le métal le plus utilisé après l’acier, que ce soit dans le secteur aéronautique, le solaire, ou encore celui du bâtiment.

À écouter aussiLes pays du Golfe, futur hub du raffinage de minerais critiques?

Source du contenu: www.rfi.fr

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