Chronique des matières premières – Profits records pour les négociants en pétrole, après deux mois de guerre au Moyen-Orient

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Un excellent premier trimestre 2026 : c’est ce qu’annoncent les grandes maisons de négoce du secteur pétrolier. Les perturbations des flux engendrées par la guerre au Moyen-Orient ont permis à ces acteurs de réaliser des profits exceptionnels.

Les résultats de Glencore sont emblématiques de ces records enregistrés. La maison de négoce a annoncé de très bons résultats pour les trois premiers mois de l’année 2026. La branche commerciale du géant suisse, celle qui s’occupe de l’activité de trading, a donc revu en fin de semaine dernière ses prévisions annuelles, et table sur un bénéfice de 3,5 milliards de dollars, ce qui serait un de ses meilleurs résultats.

Glencore est loin d’être le seul négociant à avoir profité de la situation compliquée, engendrée par la guerre au Moyen-Orient : Vitol, Gunvor mais aussi Mercuria ont communiqué des résultats exceptionnels, allant jusqu’à dépasser en un trimestre leur bénéfice de 2025.

Hausse des prix, volatilité et profits

Plusieurs mécanismes expliquent ces gains financiers. La guerre a privé le marché d’une grosse partie du pétrole du Moyen-Orient, ce qui a fait flamber les cours : les cargaisons de brut et de produits raffinés réellement disponibles se sont vendues à des prix exorbitants. « On a vu le pétrole de Dubaï se négocier à 160 dollars le baril et le kérosène à plus de 200 dollars », témoigne le PDG de Gunvor, cité par l’agence Bloomberg.

Les prix n’ont pas fait que grimper ; la période s’est caractérisée aussi par une grande volatilité. C’est précisément sur les variations, sur les écarts entre le prix d’achat et le prix de vente, que les traders, s’ils font les bons choix, réalisent des profits. Même sans déplacer physiquement du pétrole, et sans livrer expressément des barils à un acheteur, ils peuvent gagner énormément. En contrepartie, ils prennent aussi de gros risques.  

Des contentieux qui vont minorer certains bénéfices

Ces bénéfices seront peut-être cependant moins élevés qu’ils auraient pu l’être. La guerre n’est pas que synonyme de profit. Elle a entraîné le plus gros choc d’approvisionnement en pétrole de l’histoire, et donc de multiples défauts de livraisons, qui ont engendré des contentieux impliquant PetroChina, TotalEnergies ou encore Shell.

À chaque fois, la question centrale est celle de la responsabilité, à savoir : qui est fautif de ne pas avoir effectué des livraisons prévues par des contrats ? Sachant, par ailleurs, que ces cargaisons de pétrole sont généralement achetées et vendues plusieurs fois, même pendant le chargement des pétroliers.

Les grandes maisons de trading ont dit s’attendre à un bond des réclamations et des batailles juridiques, tant que la crise sera d’actualité. Selon l’agence Bloomberg, les litiges en cours et à venir pourraient se chiffrer en milliards de dollars.

À lire aussiBP, TotalEnergies: la guerre au Proche-Orient dope les bénéfices des majors pétrolières

Source du contenu: www.rfi.fr

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