Chronique des matières premières – Minerais critiques: la difficile concurrence au monopole chinois

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Dans le cadre de la présidence du G7, la France cherche à développer des partenariats au sein de l’UE et à l’extérieur afin de faire concurrence au monopole chinois sur les minerais critiques. Le prochain rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) est en cours de préparation. RFI a eu accès aux grandes lignes avant sa publication. Face à une forte croissance de la demande en minerais critiques, deux grands enjeux se dégagent.

Le premier concerne les volumes. Y aura-t-il suffisamment de production dans le monde pour faire face à la demande ? À ce sujet, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a constaté des progrès. Nickel, cobalt ou graphite… de nombreux projets ont été annoncés ces dernières années. « L’offre attendue est en bonne voie pour répondre aux besoins d’ici 2035 », rassure un expert de l’agence. Cependant, « des déséquilibres se profilent à l’horizon » pour d’autres minerais comme le cuivre et le lithium.

Le deuxième enjeu, c’est la concentration des régions de traitement et de raffinage de ces minerais. Dans ce domaine, pas de progrès. Un seul fournisseur dominant, toujours le même : la Chine.

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Une concentration de la capacité de transformation

L’AIE réalise le suivi de 20 minerais stratégiques utilisés dans le secteur de l’énergie, des technologies de pointe et de l’aérospatial. Son constat : la Chine domine le raffinage de 19 d’entre eux et représente 70 % des parts de marché. Ce qui est inquiétant, c’est que cette concentration augmente même d’année en année.

2025 a marqué par ailleurs un tournant. Des restrictions sur les exportations ont été annoncées par les fournisseurs dominants, qu’ils soient chinois ou non. Sur les 20 minerais scrutés, 11 font déjà l’objet de limitations.

L’exemple des aimants est très parlant. Présents dans certaines technologies de la transition écologique, comme les moteurs des éoliennes, ils sont également indispensables dans des produits du quotidien, comme les véhicules thermiques. Ils servent pour le contrôle de la direction assistée, du freinage, pour les vitres… Indispensables donc, mais tous sont produits en Chine.

À écouter dans Accents du mondeL’enjeu des minerais critiques

Industrialiser des filières 

En avril 2025, quand Pékin a annoncé des restrictions aux exportations, les constructeurs européens et américains se sont retrouvés en grande difficulté. Cette restriction a finalement été mise en pause jusqu’à novembre 2026. Mais si la Chine mettait à nouveau ces menaces à exécution, l’AIE a estimé que les conséquences pour les secteurs qui dépendent de ces aimants se chiffreraient de l’ordre de 6,5 trillions de dollars.

Pour faire face à cette dépendance, il faut donc identifier des filières et les contrôler de A à Z, de la mine au produit fini. Et ce n’est pas si simple. Il y a des limites à l’accès aux minerais mais aussi aux technologies. Les limites sont aussi financières : impossible même à l’échelle européenne d’industrialiser l’ensemble des filières. Dans un schéma où, quoi qu’il en soit, la Chine vend souvent en dessous du coût de production. Difficile donc de motiver les investissements quand on sait qu’on ne sera pas compétitif.

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Source du contenu: www.rfi.fr

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