Chronique des matières premières – L'Indonésie reprend le contrôle sur ses exportations de ressources stratégiques

Date:

La guerre au Moyen-Orient incite certains pays à vouloir reprendre la main sur leurs exportations. C’est le cas de l’Indonésie, qui a annoncé une réforme drastique visant à contrôler ses exportations de ressources stratégiques. Une décision qui laisse planer un climat d’incertitude sur le commerce mondial.

C’est une décision qui inquiète les acteurs du commerce international. Grand pays exportateur, l’Indonésie représente à elle seule près de la moitié des échanges mondiaux de charbon thermique, utilisé pour produire de l’électricité et de la chaleur. Dans le contexte actuel de la guerre au Moyen-Orient, avec la perturbation des chaînes d’approvisionnement, l’Asie pourra difficilement se passer de cette ressource essentielle. Le Japon et la Corée du Sud se tournent, quant à eux, vers le charbon pour combler le déficit laissé par les pénuries de gaz naturel liquéfié.

L’Indonésie est également le premier exportateur mondial d’huile de palme et le premier producteur de nickel, un composant essentiel à la fabrication de batteries électriques, dont les prix ont atteint leur plus haut niveau depuis deux ans. Le pays approvisionne principalement la Chine, l’Inde, les États-Unis et le Japon.

Des conséquences sur les prix et les échanges

Le fonds souverain indonésien, qui chapeaute la société d’État, a affirmé qu’il honorerait les contrats d’exportation existants, tout en se réservant le droit de renégocier les prix déjà fixés. Cette mesure, qui s’inscrit dans la volonté du pays de renforcer son contrôle sur ses ressources naturelles et d’accroître les recettes publiques, pourrait ainsi renchérir les coûts et potentiellement perturber certaines expéditions à court terme.

Un monopole d’exportation contrôlé par l’État peut aussi réduire la concurrence et l’efficacité du marché, décourageant potentiellement l’investissement privé dans le pays,

Les marchés, eux, ont assez mal réagi à cette annonce. À la Bourse de Jakarta, le géant de la production d’huile de palme, le Singapourien First Resources, a plongé de 13%. Les investisseurs craignent que les producteurs ne doivent sacrifier une partie de leur marge et perdent leur capacité à négocier les prix en vendant par l’intermédiaire de l’État indonésien.

À lire aussiIndonésie: derrière la croissance, le recul inquiétant de la classe moyenne

Source du contenu: www.rfi.fr

Share post:

Populaire

More like this
Related