Chronique des matières premières – Le marché du soufre se rétrécit et inquiète le secteur minier

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La fermeture du détroit d’Ormuz pourrait avoir un impact « profond » sur le secteur minier. C’est Robert Friedland, le patron du groupe minier Ivanhoe, présent en Afrique et en Asie, qui le dit. Et pour cause, l’activité minière est très dépendante de l’approvisionnement en soufre, et plus précisément en acide sulfurique, un produit qui est utilisé lors du raffinage du cuivre, du nickel, ou encore du cobalt. 

L’acide sulfurique est de plus en plus difficile à trouver, en raison d’abord de la guerre au Moyen-Orient qui a bloqué les exportations d’une région qui représente 40% du soufre et des produits sulfurés exportés dans le monde. Depuis mi-mars, plus aucune cargaison n’a pu sortir du Golfe persique, et plus de 510 000 tonnes sont aujourd’hui chargées à bord de navires qui attendent de pouvoir traverser le détroit, selon les données du cabinet Kpler.

Une autre mauvaise nouvelle est venue compléter le tableau ces derniers jours : l’acide sulfurique chinois ne sera plus exporté, à compter du mois de mai, selon des sources non officielles rapportées par l’agence Bloomberg. Or, le pays est est le deuxième exportateur mondial

La Chine préserve ses stocks

La Chine est, comme d’autres pays, pénalisée par le blocage des flux du Moyen-Orient. Le pays a la chance de produire de l’acide sulfurique, non pas à partir du pétrole, mais à partir des opérations de raffinage du zinc et du cuivre. C’est donc cette production nationale que la Chine veut garder sur son sol, pour préserver au maximum ses stocks pendant la période des semis qui nécessite l’utilisation d’engrais fabriqués à base d’acide sulfurique. Cette mesure s’explique aussi par la hausse des prix localement – ils sont passés en moyenne de 161 dollars la tonne à 214 dollars la tonne au mois de mars selon CRU Group.

La perte de ces volumes chinois devrait engendrer de fortes perturbations selon les experts de CRU, qui rappellent que les exportations chinoises avaient augmenté en 2025 pour combler un déficit structurel de l’offre. Le Chili, premier producteur mondial de cuivre, qui importe chaque année un million de tonnes d’acide sulfurique chinois, fera partie des pays les plus touchés par la mesure. 

Peu de fournisseurs alternatifs

Les fournisseurs alternatifs à la Chine et au Moyen-Orient sont peu nombreux : selon CRU Group, le Japon et la Corée du Sud pourraient tirer profit de la situation, tout comme quelques autres exportateurs en Europe. Mais dans tous les cas, cela ne compensera pas la baisse des exportations chinoises, si celle-ci dépasse les 2,5 millions de tonne, comme l’évoque le scénario envisagé par CRU Group pour cette année 2026.

Les prochains mois s’annoncent donc tendus pour l’industrie minière et en particulier le secteur du cuivre qui est le plus demandeur : 20% de la production de métal rouge repose en effet sur un procédé utilisant la lixiviation acide. Au Chili, les prix ont augmenté de plus de 40% au cours du dernier mois, selon Argus Media. 

Dans ce contexte tendu, le patron d’Ivanhoe Mines se félicite d’avoir pu produire plus de 110 000 tonnes d’acide sulfurique au premier trimestre en République démocratique du Congo, grâce à la fonderie de cuivre qui traite le minerai de Kamoa-Kakula. Cet acide sulfurique est vendu aux exploitations minières de cuivre oxydé de la Copperbelt en RDC.

Source du contenu: www.rfi.fr

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