Chronique des matières premières – L'Australie force des actionnaires chinois à vendre leurs parts pour protéger une entreprise de terres rares

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Craignant une prise de contrôle d’actionnaires liés à la Chine dans l’entreprise Northern Minerals, le gouvernement australien est intervenu pour la deuxième fois en un an au nom « de la sécurité nationale ».

Sur son site Internet, Northern Minerals affiche l’ambition de devenir « la principale source de terbium et de dysprosium, hors de Chine ». Ces deux métaux appartiennent à la catégorie des terres rares, des minéraux critiques dont les propriétés, notamment magnétiques, en font un vecteur indispensable de la transition verte. Ils entrent tous les deux dans la composition des véhicules électriques, par exemple, il faut du dysprosium pour fabriquer des éoliennes. Mais on les trouve aussi dans les smartphones… et dans bon nombre de technologies militaires.

Les terres rares : un puissant levier de négociation pour la Chine

Or, la Chine contrôle largement la production et le raffinage de ces terres rares : d’après les experts, 85 % de la production de dysprosium serait sous contrôle chinois. Quant au terbium, il fait partie d’une liste de métaux dont la Chine a fortement restreint les exportations en réponse aux droits de douane américains. Une décision qui a fait monter les prix : ils sont aujourd’hui 4 à 5 fois supérieurs à ce qu’ils étaient en avril 2025. Et Pékin ne s’est pas arrêté là. Consciente qu’elle dispose d’un puissant levier de négociation, la Chine a continué à investir dans les entreprises étrangères qui pourraient menacer son quasi-monopole.

Des investisseurs chinois contraints de vendre des actions de Northern Minerals

Northern Minerals ne fait pas exception. Ces dernières années, des investisseurs chinois y ont pris des participations importantes. Une influence croissante visible au conseil d’administration de l’entreprise : le directeur exécutif se présente comme ancien président du conseil des entreprises sino-australiennes. On y trouve aussi deux directeurs non exécutifs chinois : le premier travaillait auparavant pour la banque chinoise d’investissement, le second pour un fonds d’investissement privé basé à Pékin.

En juin dernier, l’organe chargé d’examiner les investissements étrangers pour le compte du gouvernement australien avait déjà sonné l’alerte, poussant le ministre de l’Économie à intervenir. Plusieurs investisseurs chinois avaient été forcés de vendre une partie de leurs actions, alors qu’ils tentaient de s’imposer au conseil d’administration.

C’est donc la deuxième fois en moins d’un an que Canberra intervient pour empêcher une prise de contrôle de l’entreprise par la Chine. Pékin de son côté dénonce « une utilisation abusive du concept de sécurité nationale » et « une entrave aux activités d’investissement normales ».

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Source du contenu: www.rfi.fr

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