Chronique des matières premières – La Chine accusée de fraude à l'étiquetage de ses légumes qui transitent par le Vietnam

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C’est un autre aspect de la mondialisation : une affaire de tromperie sur l’origine de produits agricoles. L’affaire a été dévoilée récemment par The Guardian. D’après le quotidien britannique, Taïwan accuse la Chine de « blanchir » ses légumes en les faisant transiter par le Vietnam. Il n’est pas question d’une recette de cuisine. L’accusation porte sur la provenance de ces produits.

C’est le ministre taïwanais de l’Agriculture qui a tiré la sonnette d’alarme. Selon lui, les entreprises chinoises feraient entrer clandestinement à Taïwan des produits agricoles cultivés en Chine en les faisant transiter par le Vietnam voisin. Plusieurs légumes sont concernés, tels que le chou chinois et les champignons shiitake. Ces produits seraient reconditionnés au Vietnam et réexpédiés à Taïwan sous une étiquette vietnamienne.

Les produits de la Chine continentale interdits à Taïwan

Depuis des années, les relations entre les deux pays sont exécrables. Le secteur agricole est souvent victime de mesures de rétorsion réciproques. En 2021, sous un prétexte sanitaire, Pékin a suspendu l’importation des ananas en provenance de l’île rebelle. En 2024, Taïwan a interdit l’importation de plus de 1 000 produits chinois issus de l’agriculture et de la pêche. Mais les entreprises chinoises auraient trouvé la parade pour contourner cette interdiction en faussant l’origine de leurs produits.

À écouter dans Grand reportageTaiwan secoué par les infiltrations chinoises

Un certificat d’origine vietnamien

Selon une députée taïwanaise du Parti démocrate progressiste, citée par le quotidien britannique, il est très facile de se procurer un certificat d’origine vietnamienne officiel pour environ 410 dollars. Taipei n’hésite pas à comparer ce procédé au blanchiment d’argent. Parmi les moyens de contrôle évoqués par le ministère figure une surveillance aérienne qui devrait permettre de cartographier la quantité de produits en provenance de certaines régions du Vietnam. Si le volume exporté vers Taïwan dépasse un certain seuil, les contrevenants risquent de lourdes sanctions.

Des cas de fraude en Europe

Ce type de fraude n’est évidemment pas nouveau. En Europe, des cas de fraude à l’origine existent aussi. Exemple, dans le secteur de l’avocat. Des fruits produits au Maroc sont ainsi « hispanisés », c’est-à-dire vendus sous une étiquette espagnole, et parfois même « bio », alors qu’ils ne le sont pas. « Les volumes en jeu ne sont pas neutres, même s’ils sont en régression », précise un expert du secteur.

Le plus souvent c’est le consommateur qui trinque. On lui vend plus cher un produit qui est à l’origine moins onéreux et ce sous une étiquette trompeuse. Autre exemple : du vin espagnol étiqueté français, une fraude massive épinglée par Bercy dans le sud de la France, en 2018.

Mais aussi des sauces et des concentrés de tomates vendus dans des supermarchés en Europe sous une étiquette italienne, derrière laquelle se cachent des tomates cueillies en Chine par des travailleurs forcés ouïghours. Un procédé toujours en cours, alors qu’à compter du 14 décembre 2027, les produits issus du travail forcé ne pourront plus être mis en circulation sur le marché de l’Union européenne.

À lire aussiL’UE veut bannir les produits issus du travail forcé, notamment la production ouïghoure

Source du contenu: www.rfi.fr

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