Les représentants du patronat et des syndicats ont pris la plume pour «alerter» les responsables politiques sur les risques pour l’économie du climat d’incertitude ambiant.
Sept des huit représentants des organisations patronales et syndicales ont signé ce mardi 17 décembre un communiqué commun appelant au retour de «la stabilité» dans une séquence politique et institutionnelle turbulente qui a débuté avec la dissolution de l’Assemblée nationale au printemps et a connu son dernier rebondissement en date avec la censure du gouvernement Barnier. Ce communiqué, très rare par son unité, est signé à la fois par le Medef, la CPME, l’U2P côté patronat, la CFDT, FO, la CFTC et CFE-CGC côté syndicats.
Seule la CGT ne l’a pas signé. Pour sa numéro un, Sophie Binet, «ce texte pose problème car il fait reposer sur l’instabilité politique la responsabilité de la crise économique et des licenciements». Or, ceux-ci «sont le résultat du naufrage de la politique de l’offre et de l’irresponsabilité des grands groupes et du patronat», poursuit la leader. «Le texte occulte le fait que la stabilité politique passe par la réponse aux exigences sociales», poursuit-elle.
Intitulé «à l’attention de nos élus et responsables politiques», et marqué des logos de toutes les organisations signataires, le communiqué prend acte que «l’instabilité dans laquelle a basculé notre pays fait peser sur nous le risque d’une crise économique aux conséquences sociales dramatiques». «D’ores et déjà, des projets d’investissements sont gelés, les intentions d’embauches sont révisées, les défaillances d’entreprises de toutes tailles se multiplient au point d’atteindre un niveau inconnu depuis longtemps».
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Des réponses concrètes
«Il est de notre devoir de vous alerter sur les risques qu’une telle instabilité génère, ajoutent-ils. C’est pourquoi nous appelons, au nom de la confiance que les millions de salariés et chefs d’entreprise que nous représentons placent en nous et de l’esprit de responsabilité qui nous guide, à retrouver au plus vite le chemin de la stabilité, de la visibilité et de la sérénité.» Les signataires soulignent aussi que «la voie du paritarisme, qui passe par le dialogue, la négociation collective et la construction de compromis, est en capacité d’apporter des réponses concrètes» à cette situation, rappelant en «avoir fait encore récemment la démonstration».
Mandatés par Michel Barnier, censuré le 4 décembre à l’Assemblée nationale, les partenaires sociaux, qui ont généralement un dialogue beaucoup plus apaisé que les politiques malgré leurs divergences de points de vue, ont par exemple trouvé ces dernières semaines un accord sur l’assurance-chômage.
«Les acteurs sociaux que nous sommes», écrivent les signataires, «sommes déterminés à participer pleinement aux transformations de notre société, confrontés à une situation budgétaire et à des mutations sans précédent, qu’elles soient technologiques, géostratégiques, démographiques ou climatiques». Et «les interlocuteurs sociaux seront comme toujours au rendez-vous du dialogue et de la responsabilité», concluent-ils.
Si ce communiqué commun est une nouveauté, les différentes organisations tirent séparément depuis plusieurs semaines le signal d’alarme sur les risques économiques et sociaux qu’engendre l’instabilité de la situation politique actuelle.
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