Aujourd'hui l'économie – BP, TotalEnergies: la guerre au Proche-Orient dope les bénéfices des majors pétrolières

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Les grandes compagnies pétrolières publient des résultats spectaculaires au premier trimestre 2026. Portés par la guerre au Moyen-Orient, la flambée des prix du pétrole et la volatilité des marchés, des groupes comme TotalEnergies ou BP profitent pleinement de la situation.

Les grandes compagnies pétrolières sont sous les projecteurs en ce début de semaine. Et pour cause, leurs résultats trimestriels sont excellents, bien au-delà des attentes. Le français TotalEnergies a publié des chiffres spectaculaires. Son bénéfice net est en forte hausse de près de 50% à 5,8 milliards de dollars par rapport à la même période en 2025. Les résultats du groupe, eux, ont bondi de 30%. La veille, le britannique BP avait déjà donné le ton avec des performances du même ordre. Une situation qui peut sembler paradoxale dans un contexte de guerre au Moyen-Orient.

Pourtant, tout s’explique par le fonctionnement même du marché pétrolier. Depuis le début du conflit, les marchés s’inquiètent pour l’approvisionnement mondial. Le Golfe est une région stratégique, où une part essentielle du pétrole mondial est produite ou transite, notamment via le détroit d’Ormuz. Dès que cette zone est sous tension, les prix s’envolent. Et c’est précisément ce que l’on observe depuis deux mois.

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Des marges qui explosent grâce à un prix mondial

Cette hausse des cours du brut a un effet immédiat sur les revenus des majors pétrolières. Le pétrole est une matière première dont le prix est fixé à l’échelle mondiale. Autrement dit, une entreprise qui produit en mer du Nord, en Afrique ou aux États-Unis vend son pétrole au même prix que celui extrait au Moyen-Orient, d’où viennent pourtant les perturbations. Résultat : des groupes comme BP ou TotalEnergies, peu exposés directement au conflit, bénéficient pleinement de la hausse des prix.

Dans le même temps, leurs coûts de production restent globalement stables. Les infrastructures sont déjà en place et extraire un baril ne coûte pas significativement plus cher. La conséquence est directe, les marges explosent. Et vu les volumes en jeu, l’impact est colossal. BP l’a d’ailleurs rappelé : une variation d’un dollar du prix du baril peut représenter des centaines de millions de dollars de bénéfices supplémentaires sur un an. Avec des hausses de 10, 20 voire 30 dollars en quelques jours, les profits s’envolent.

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Volatilité et trading : un levier de profits supplémentaire

Mais un autre facteur clé explique ces résultats : la volatilité des marchés pétroliers. Dans un contexte de guerre, les prix réagissent en permanence aux annonces militaires ou diplomatiques. Et cette instabilité devient une opportunité. Car les grandes compagnies ne se contentent pas de produire du pétrole. Ce sont aussi des acteurs des marchés financiers. Elles disposent de salles de marché où elles achètent, vendent et stockent du pétrole en temps réel.

Dans un environnement très fluctuant, ces activités deviennent particulièrement rentables. Concrètement, il s’agit par exemple d’acheter du pétrole lorsque les prix chutent après une annonce diplomatique, puis de le revendre quelques heures plus tard, plus cher, lorsque la tension remonte. Un véritable effet d’aubaine. Pendant que ces groupes engrangent des milliards, les consommateurs, eux, subissent la hausse des prix à la pompe.

Source du contenu: www.rfi.fr

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