Les fouilles préventives réalisées avant la construction d’un parking à Cavalaire-sur-Mer ont permis de mettre à jour l’une des plus anciennes maisons en pierres identifiée en Provence.
Les travaux prévus dans le cadre du projet urbain dans le centre-ville de Cavalaire-sur-Mer (Var) risquent de prendre un peu de retard. Sous les 4 200 m² de terrain analysés depuis octobre par une équipe de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), les vestiges d’une maison néolithique datant de 5400 ans avant notre ère ont été découverts.
L’habitation de sept mètres sur cinq mètres, dotée de murs parallèles construits et d’une abside très endommagée, se démarque par l’utilisation d’un mélange de terre et de cailloux, comparable à du béton en terre crue, et des morceaux de céramique. « Ils ont dû utiliser ce qu’ils avaient sous la main », estime Raphaëlle-Guilbert-Berger, responsable des fouilles préventives. L’équipe d’archéologue a eu l’opportunité de creuser jusqu’à quatre mètres sous terre, en raison du projet de construction d’un parking avec un sous-terrain. « C’est une profondeur plutôt exceptionnelle », précise l’archéologue.
Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap)
Les vestiges découverts « s’inscrivent dans le courant néolithique du cardial impressa, la deuxième expansion du mouvement néolithique, qui s’est développé en Méditerranée de 5400 à 5500 avant notre ère », explique Raphaëlle-Guilbert-Berger. Il existe déjà deux sites archéologiques s’inscrivant dans le courant du cardial impressa en Italie. Celui de Cavalaire-sur-Mer est le premier en France.
De la Grèce au Midi
Selon l’Inrap, qui détaille la découverte sur son site internet, le courant néolithique se diffuse rapidement d’est en ouest vers 6000 avant notre ère. « À partir de la Grèce, il atteint le sud de l’Italie (Sicile, Pouilles, Calabre), pour s’étendre jusqu’au golfe de Gênes et dans Midi de la France (Côte d’Azur, Languedoc) autour de 5800 avant notre ère ». Il y a une vingtaine d’années, à Peiro Signado en Languedoc, des fouilles ont permis de découvrir un exemple rare d’habitat attribué au Néolithique ancien, datant de – 5800.
L’équipe d’archéologue de l’Inrap va poursuivre ses fouilles jusqu’à la fin du mois de février, pour tenter de découvrir d’autres vestiges sous la maison. Bien que cette découverte soit assez inédite, Raphaëlle-Guilbert-Berger regrette tout de même l’absence d’objets. « Au niveau de la culture matérielle c’est assez pauvre », explique-t-elle. À l’issue des fouilles, l’équipe d’archéologues publiera un rapport permettant d’en apprendre un peu plus sur la progression du courant cardial impressa en Méditerranée.
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