Elégante et courtoise, chevelure de sirène blonde et ondulée, Hélène Vincent se tient très droite, le dos refusant de plier sous le poids des années, on pourrait croire qu’elle a été danseuse. Elle est tout à fait le genre de femme auquel on espère ressembler si l’on arrive à cet âge-là : 81 ans, ce n’est pas un secret. Comédienne incontournable du théâtre public, elle a joué Brecht, Labiche, Shakespeare, Fassbinder, Durif… Au cinéma, elle est apparue dans plusieurs films marquants (La vie est un long fleuve tranquille, Bernie, Quelques heures de printemps…), mais ce n’est que très récemment qu’elle a acquis une notoriété qui a conduit les journalistes à vouloir tout connaître d’elle, comme ils le font en général avec les stars et les sensations du moment.
Depuis le petit matin, elle donne des interviews au Brach, un hôtel cinq étoiles parisien qui fait dans l’épate, où se tient la journée presse de la comédie On ira, un road trip émouvant sur le suicide assisté, qui sort en salle le 12 mars. « J’ai été émue et en même temps intriguée par la capacité que la réalisatrice Enya Baroux manifestait à lier l’humour et le chagrin », confie-t-elle. A la différence de son personnage, qui n’ose pas dire à ses proches pourquoi elle tient à voyager avec eux jusqu’en Suisse, Hélène Vincent a livré ses intentions à ses deux fils, qui ont accepté de se porter garants auprès de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité, dont elle est membre depuis longtemps. « Ce n’était pas une chose facile », dit-elle pudiquement.
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