«Se ranger du côté des islamo-conservateurs ou disparaître» : en Algérie, l’édition mise à mal par le retour de la censure

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ENQUÊTE – Derrière les affaires Boualem Sansal et Kamel Daoud, qui mettent en lumière les pratiques d’un pouvoir hostile à la liberté d’expression, le secteur du livre, en crise depuis de nombreuses années, tente tant bien que mal de survivre. Les entraves à la publication se multiplient.

« Lire pour triompher. » C’est sous ce thème belliciste que la 27e édition du Salon international du livre d’Alger (Sila) entendait célébrer cette année « la force intemporelle des livres » et « leur rôle fédérateur ». Mais après avoir disqualifié d’emblée plusieurs exposants, parmi lesquels Gallimard, et opéré une chasse aux indésirables – en l’occurrence Houris (Gallimard), de Kamel Daoud, prix Goncourt 2024 -, l’événement s’est achevé par une prise de butin singulière : l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, arrêté à l’aéroport d’Alger le 16 novembre. Derrière les accusations d’atteinte à l’intégrité du territoire en raison de propos tenus sur la marocanité du Sahara occidental, c’est en réalité d’être coupable d’écrire et de penser qu’on accuse l’auteur. De fait, depuis plusieurs mois se multiplient les actes de répression envers les écrivains et les acteurs du monde du livre en Algérie.

Le 18 octobre, la…

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