« Rencontres du troisième type », sur France 5 : quand Steven Spielberg revisitait le thème classique de l’invasion extraterrestre

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FRANCE 5 – VENDREDI 7 MARS À 21 H 05 – FILM

La décennie qui sépare la sortie de 2001 : l’Odyssée de l’espace (1968), de Stanley Kubrick, de Rencontres du troisième type (1977) fut certainement la plus sombre de l’histoire de la science-fiction au cinéma. Si les films des années 1950 étaient des métaphores paranoïaques de la menace communiste ou des dangers du péril atomique, ceux des années 1970 prenaient place dans un futur plus ou moins proche (La Planète des singes, de Franklin Schaffner, Soleil vert, de Richard Fleischer, ou Orange mécanique, de Stanley Kubrick). La science-fiction avait déserté l’espace pour retourner sur Terre et y décrire un futur apocalyptique où la marque du Vietnam et du Watergate se faisait sentir.

Lire la critique (en 1978) : Article réservé à nos abonnés « Rencontres du troisième type », de Steven Spielberg

L’année 1977 marqua un changement durable. La Guerre des étoiles, de George Lucas, ressuscita le space opera. Rencontres du troisième type, en revisitant le thème classique de l’invasion extraterrestre, revenait à une vieille obsession des années 1950, mais avec une nuance de taille.

Alors que les humains des années 1950 semblaient exposés à toutes sortes de menaces (carottes suceuses de sang, sauterelles géantes, Martiens belliqueux à la tête surdimensionnée…), Steven Spielberg s’attachait à des extraterrestres pacifistes porteurs d’un message de science et de progrès.

Discours scientifique de façade

Cette vision positiviste du devenir de l’humanité et de la place de l’homme dans l’Univers n’a pas, au contraire de La Guerre des étoiles, pris la moindre ride. S’abritant derrière un discours scientifique de façade, le film de Spielberg narre les rencontres « du troisième type », qui définissent le contact physique avec des êtres de type extraterrestre – ce qui restait l’un des grands fantasmes d’une époque où les objets volants non identifiés, les fameux ovnis, faisaient partie de l’imaginaire des gens.

Des scientifiques menés par Claude Lacombe, un savant français interprété par François Truffaut – le cinéaste préféré du jeune Steven Spielberg –, réussissent à mettre au point un code qui permet de converser avec les visiteurs d’une autre galaxie, dont le vaisseau spatial, gigantesque anneau lumineux qui ne cesse d’émettre les cinq notes d’un code musical, s’est posé sur un monticule rocheux dans le Wyoming. Mais on ne voit pas quel langage pourrait rétablir la communication entre le père de famille (Richard Dreyfuss), mis accidentellement en contact avec un vaisseau extraterrestre, et sa femme.

Un film in fine singulièrement déprimant. Il est difficile de déceler la moindre foi en l’humanité dans une fable qui prône la communication avec les extraterrestres comme une alternative à l’absence de communication entre les hommes.

Rencontres du troisième type, film de Steven Spielberg (EU, 1977, 131 min). Avec Richard Dreyfuss, François Truffaut, Teri Garr. Diffusé sur France 5 et disponible en replay sur France.tv jusqu’au 31 mars.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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