En 2023, le rappeur avait écrit un texte qu’il avait titré Figaro en hommage au quotidien.
Décédé ce week-end à seulement 31 ans d’une brusque dégradation de son état de santé sans doute lié à une maladie, Werenoi laisse 70 titres enregistrés à la Sacem. Dans ces textes que le Figaro a étudiés un par un, l’un d’eux est particulier. Jeremy Bana Owana dit Werenoi a baptisé l’un de ses titres Figaro. De la part d’un rappeur, c’est inattendu. Et il fait vraiment référence au journal. Comme l’a rappelé Rachida Dati, ministre de la Culture, Werenoi était «le phénomène d’une génération». Il n’était pas juste un rappeur parmi d’autres.
Dans Figaro écrit en 2023, il dénonce les imposteurs du rap, ces «thos-my» (mythos) qui se disent richissimes. Et de rappeler que «des millions de vues c’est pas des millions d’euros.» Pour réussir, il faut beaucoup travailler. Il ne sert à rien de parler en l’air «on r’fait pas le monde avec des si (non).» Il peut désormais s’offrir «des cigares» et envisager «une retraite sous le soleil d’Ibiza» mais ce qui le marque toujours autant, c’est sa jeunesse difficile. Elle a laissé beaucoup de cicatrices. «On a grandi là où c’est triste (triste). Là où tu peux mourir par balle», rappelle-t-il en évoquant Montreuil dans l’est parisien où il a grandi. Et de reprendre son couplet «Ou finir dans un coffre comme un pareback, Avec ta photo dans le Figaro (Figaro).»
Werenoi citait souvent des marques haut de gamme dans ses chansons. Rolex, Porsche, Louboutin, Hermès, Audemar-Piquet, Audi TT, Gucci, Dior, Balmain… Dans son esprit, le Figaro appartenait sans doute à cet univers a priori inaccessible. Mi-avril, la parution d’une longue enquête racontant son ascension fulgurante dans le journal avait été une vraie source de fierté. Ce week-end, sa nécrologie a été le papier le plus lu sur le site lefigaro.fr. La majorité de nos lecteurs n’avaient jamais entendu ses titres mais ils étaient contents de «sortir de leur zone de confort» et d’en savoir plus sur cet artiste dont les 15-25 ans parlent tant entre eux.
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