PORTRAIT – Il y a cinquante ans, le 17 avril 1975, les communistes radicaux entrent dans Phnom Penh. Dans une réédition de son livre, L’Élimination, le réalisateur franco-cambodgien revient sur ce massacre dont il explore le processus depuis plus de trente ans.
« Le mal est toujours plus fort que le bien. Mais c’est la lutte contre le mal qui donne un sens à notre existence. » La tête rehaussée d’un feutre bleu marine, des yeux en amande cerclés de lunettes à bords rouges, une bouche ceinturée par un bouc poivre et sel, le cinéaste Rithy Panh ressemble à un héros de bande dessinée. Pourtant, il se défend d’être un héros, « trop méfiant des grands mots, des positions orgueilleuses ». Sa vie, comme celle de sa famille, est tout sauf une fiction.
Il y a cinquante ans, le 17 avril 1975, les Khmers rouges entrent dans Phnom Penh, la capitale cambodgienne. Le lendemain, Rithy Panh fête ses 13 ans, son « pauvre anniversaire », dit-il. Il vit avec les siens – c’est le petit dernier d’une fratrie de 9 enfants – dans la banlieue ouest de la ville. C’est la fin de la guerre civile. Les institutions ont fermé leurs portes. Il n’y a plus d’école. Peu d’électricité. Un couvre-feu. Beaucoup de silences. Les B-52 américains ont bombardé les zones…
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