CRITIQUE – À la mort de son cadet, qu’il n’avait pas revu depuis trente-deux ans, il décide d’enquêter sur leur court passé commun.
De Georges Perec on retient son célèbre Je me souviens, consignation de 480 fragments de souvenirs presque oubliés, inessentiels ou fondateurs. Mais un autre livre est plus marquant dans son œuvre, c’est W ou le Souvenir d’enfance, avec cette phrase terrible : « Je n’ai pas de souvenirs d’enfance. » Il dit : « Longtemps j’ai cherché les traces de mon histoire, consulté des cartes et des annuaires, des monceaux d’archives. Je n’ai rien trouvé et il me semblait parfois que j’avais rêvé, qu’il n’y avait eu qu’un inoubliable cauchemar . »
Grégoire Delacourt n’avait pas vu son petit frère – juste une petite année d’écart – depuis 1990. Un jour de juillet 2022, ce frère est retrouvé mort, seul, dans sa maison de Roubaix. Une chute, banale. La tête qui cogne contre le rebord du lavabo. Il s’appelait R. Autant dire que Grégoire ne sait pas grand-chose de lui, presque aucun souvenir d’enfance. Alors, il entreprend d’en rassembler quelques-uns, il y en a bien eu puisqu’ils ont vécu…
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