Parti bredouille aux Oscars, Ioura Borissov a conquis malgré tout le «cœur» des Russes

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L’acteur russe, reparti sans récompense de la cérémonie des Oscars pour son rôle dans le film Anora, a en quelques semaines, déclenché une vague d’enthousiasme et de sympathie aussi unanime que rare en Russie.

L’acteur russe Ioura Borissov (Yura Borisov), reparti sans récompense de la cérémonie des Oscars dimanche pour son rôle dans le film Anora, est toutefois devenu en quelques mois une célébrité en Russie, où il était jusque-là méconnu.

Sa nomination aux Oscars, une première pour un acteur russe, avait déclenché ces dernières semaines une vague d’enthousiasme et de sympathie aussi unanime que rare en Russie. Les opposants au Kremlin, d’ordinaire prompts à dénoncer les artistes peu enclins à critiquer l’assaut russe en Ukraine, s’étaient unis aux fervents soutiens de Vladimir Poutine dans leurs louanges au sujet Ioura Borissov.

La tragicomédie Anora, dans laquelle Ioura Borissov, 32 ans, joue le rôle d’un bandit russe, a décroché dimanche cinq Oscars, dont ceux du meilleur réalisateur et de la meilleure actrice. Mais Ioura Borissov a lui été devancé par l’Américain Kieran Culkin pour l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle, pour sa performance dans A Real Pain.

Malgré tout, « je n’ai pas le souvenir d’une telle vague d’adoration et d’intérêt général pour ce premier acteur russe nommé aux Oscars », a souligné lundi la critique de cinéma Larissa Malioukova sur Telegram. De nombreux messages de sympathies ont afflué sur les réseaux sociaux.

Seule voix d’importance discordante, celle du célèbre cinéaste Nikita Mikhalkov (vainqueur de l’Oscar du meilleur film international en 1995), qui avait lui critiqué récemment le film Anora, le jugeant antirusse. « De qui parle ce film ? D’un oligarque dégoûtant, de sa femme dégoûtante, de leur fils, une ordure, et d’un bandit, un Russe mais humanisé », avait-il lancé fin février.

« Peu importent ces critiques », répond lundi Larissa Malioukova. Et d’ajouter : « On ne veut pas être coupés du monde à tout jamais. On veut qu’un nom russe retentisse dans le monde entier. » « Ioura Borissov n’a pas eu son Oscar mais il a eu la plus grande récompense : celle du cœur de millions de spectateurs », résume pour sa part la compagnie de distribution russe TsPCh dans une publication sur Telegram.

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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