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La piste criminelle écartée en 2019, le parquet de Paris estime que les conclusions prendront encore plusieurs mois.
Six ans, jour pour jour, après l’incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris, l’enquête n’est toujours pas close. Si le parquet de Paris a déjà indiqué que « rien ne s’orientait vers un fait volontaire », ce qui exclut un acte malveillant mais aussi de terrorisme, il semble qu’il faudra encore attendre plusieurs mois avant d’avoir des conclusions définitives.
« Une modélisation en 3D de la flamme, filmée et photographiée, est en cours, afin de déterminer l’origine de l’incendie. Cette modélisation permettra d’être confrontée aux différentes hypothèses qui ont été émises sur les natures possibles du départ du feu », expliquait le parquet au Figaro, en décembre. Or, l’exploitation des expertises prendra « encore plusieurs mois ». Ces mois ont l’air de s’étirer puisque dans Ouest France, en cette mi-avril, le parquet parle à nouveau de «plusieurs mois» d’enquête à venir.
L’information judiciaire a été ouverte contre X le 26 juin 2019, pour « dégradations involontaires par incendie par violation manifestement délibérée d’une obligation de prudence ou de sécurité ». Toutes les entreprises présentes sur le chantier le jour de l’incendie ont ensuite été auditionnées, afin de savoir si un mégot de cigarette avait été laissé, ou si un « point chaud » de soudure n’avait pas été oublié par un salarié.
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Un millier de pages de procédure
Au terme de l’enquête préliminaire menée par la brigade criminelle de la PJ de Paris (un millier de pages de procédure, de nombreux rapports techniques, des centaines d’auditions et 96 scellés), l’ancien procureur de Paris, Rémy Heitz, avait écarté l’hypothèse d’une origine criminelle et indiqué privilégier la thèse accidentelle.
Les policiers ont aussi mis en évidence la piste d’un court-circuit, peut-être imputable à l’installation en 2007 de cloches électrifiées par des câbles branchés sur le 220 volt qui filaient dans les combles de l’édifice. Elles avaient notamment servi lors du 850e anniversaire de la cathédrale, en 2013.
Jusqu’en 2022, des masses de gravats, contaminés au plomb, ont été collectées, puis analysées. En 2023, la juge d’instruction a également autorisé la levée de la zone dite « écarlate » , périmètre identifié comme étant celui du départ possible du feu, situé sur une poutre dans la croisée du transept (difficilement atteignable, et dans laquelle les ouvriers ne se rendaient pas).
Les juges d’instruction et des experts se sont rendus une nouvelle fois sur les lieux le 6 mars 2024. Dans la foulée, la procureur de Paris, Laure Beccuau, a précisé que les magistrats instructeurs avaient également demandé une « synthèse » au regard de « l’aspect extrêmement technique » des analyses. À ce jour, personne n’a été mis en examen.
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