Notre critique de When the Light Breaks : la lumière qui venait du froid

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CRITIQUE – Le cinéaste islandais Runar Runarsson suit pendant une journée une jeune fille confrontée à la mort de son petit ami. Un film âpre et éclatant.

L’avenir semblait radieux pour Una et Diddi. Surtout à l’heure des confidences devant un coucher de soleil. Diddi allait enfin quitter Karla, sa petite amie officielle, et envisageait de voyager au Japon. Una, elle, se serait bien contentée d’un séjour aux Féroé. Une drôle d’idée pour une Islandaise. Mais qui n’a rien d’anormal pour quelqu’un qui a été ballotté d’un pays à un autre pendant son adolescence.

Una, incarnée par Elin Hall, est là sans être tout à fait là. Sa relation secrète avec Diddi freine son épanouissement. Son assiduité à l’université, où elle est inscrite en art, varie selon son humeur. Alors quand Diddi disparaît dans un accident sous un tunnel qui prend une dimension nationale, Una se sent encore plus seule. Seule au milieu des amis de Diddi qu’elle rencontre pour la première fois. Seule avec sa peine qu’elle ne peut partager puisque Karla est celle que tout le monde console.

L’avenir semblait radieux pour Una et Diddi. Surtout à l’heure des confidences devant un coucher de soleil.
Unifrance

Comme tous ces jeunes pleins de vie, Una doit faire face pour la première fois à la perte d’un être cher – la disparition de sa grand-mère ne compte pas vraiment. Pendant une longue journée, elle et les autres vont apprivoiser la mort sans y avoir été préparés. Une journée qui ressemble à une errance ouvrant une fenêtre sur leur monde extérieur, reflet de leur monde intérieur. En filmant abondamment l’architecture, le réalisateur islandais Runar Runarsson oblige le spectateur à replacer les personnages dans un tout. Comme pour lui dire qu’on peut regarder la vie autrement et que les maux d’aujourd’hui – le divorce, la place de l’art, la consommation d’alcool, les diktats des régimes alimentaires qui défilent au gré des conversations – sont surmontables.

Fragilité et force

Runar Runarsson a dédié When the Light Breaks à deux personnes décédées, dont les noms et les dates apparaissent au générique. On n’en saura pas plus, si ce n’est que le réalisateur islandais admet s’inspirer de sa réalité et ne se lancer que dans des films personnels. Il faut avoir été confronté à un deuil brutal pour transmettre avec autant de justesse l’incompréhension, la colère, l’interrogation sur le sens de la vie qui jaillissent lors de ces moments de rupture. Cheveux courts plaqués sur son visage dont les taches de rousseur forment un tableau pointilliste, Elin Hall affiche un mélange de fragilité et de force nécessaire au rôle principal. Sa démarche et son regard collent à l’insensibilité à laquelle elle est contrainte et à l’âpreté du récit sublimé par la qualité de la lumière. Car au bout, il y a toujours de la lumière.


« When the Light Breaks ». Drame de Runar Runarsson. Avec Elin Hall, Mikael Kaaber, Katla Njalsdottir, Baldur Einarsson. Durée : 1 h 22.

L’avis du Figaro : 3/4.

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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