Notre critique d’Aimons-nous vivants, une comédie romantique à bout de souffle

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CRITIQUE – Pour son quinzième film, Jean-Pierre Améris embarque le duo Gérard Darmon et Valérie Lemercier dans une pochade sur la fin de vie qui patine sérieusement.

Il était une fois un vieux chanteur de variété bougon et suicidaire qui finit par s’éprendre d’une groupie hystérique tout juste sortie de prison. Sur le papier, l’intrigue de cette comédie romantique ne promettait pas franchement monts et merveille.

Pourtant, avec le tandem Gérard Darmon et Valérie Lemercier sous la direction du réalisateur Jean-Pierre Améris (Les Émotifs anonymes), on se prend à rêver que le charme agisse. L’intrigue débute lors d’un concert à l’Olympia d’Antoine Toussaint (Darmon). Seul sur scène, un rond de lumière braqué sur lui, Darmon impressionne avec une reprise de Mambo italiano de Dean Martin. Patatra! Le bonhomme s’effondre victime d’un AVC.

Le choc est rude pour cette idole des sixties mélange approximatif entre Michel Delpech et Jacques Brel. Basta cosi! Déprimé, neurasthénique, notre Gérard Darmon national décide d’en finir avec la vie en ayant recours au suicide assisté en Suisse. Ces derniers temps la thématique est assez en vogue au cinéma, entre La chambre d’à côté  d’Almodovar, Le Dernier souffle de Costa Gavras ou le On ira d’Enya Baroux avec Pierre Lottin et Hélène Vincent.

Bref, notre vieux crooner au bout du rouleau materné par son imprésario (Patrick Timsit en roue libre) prend le train pour Genève. Re-patatra! Une passagère envahissante prénommée Victoire (Valérie Lemercier horripilante) le reconnaît et l’entreprend durant tout le trajet. Elle s’incruste même dans sa voiture une fois arrivée à destination, et convoque avec insistance le souvenir de L’Emmerdeur (1973) d’Édouard Molinaro avec Lino Ventura et Jacques Brel.

Les péripéties d’Aimons-nous vivants s’enchaînent ensuite mécaniquement sans que l’un ou l’autre des comédiens ne puisse ranimer l’encéphalogramme plat de cette pochade téléphonée qui se voudrait une réflexion douce-amère sur la célébrité et l’envie d’en finir.

À la fin du film, alors que défile le générique, on reconnaît la version remise au goût du jour du tube de François Valéry qui fournit son titre au film : «N’attendons pas que la mort nous trouve du talent, aimons-nous vivants» font les paroles. Dans le fond, peut-être aurait-il fallu attendre que la mort s’en mêle pour que ce film à bout de souffle retrouve un brin de talent…


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Source du contenu: www.lefigaro.fr

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